Moyen-Orient : des guerres sans fin
Dossier de la revue Questions internationales
Numéro 103-104, octobre 2020

La pandémie de la Covid-19 aura contraint nombre de revues, dont la nôtre, à s’adapter. Tandis qu’Alternatives Humanitaires bouleversait son plan de charge éditorial de l’année 2020 pour s’y consacrer, l’excellente revue Questions internationales maintenait sa programmation d’un numéro consacré au Moyen-Orient. Et l’on doit s’en réjouir tant « l’événement-monde » qui se jouait alors ne pouvait conduire à passer sous silence tous les sujets d’intérêt qui, précisément, continuaient de traverser ce monde mis sans dessus-dessous par ce virus.

Le Moyen-Orient est de ces sujets, comme en a témoigné le récent regain de violences entre Israël et les Territoires palestiniens occupés, qui confirme bien – pour reprendre la formule de Serge Sur – que cette région est « le carrefour des extrêmes ». Et ce dossier spécial remplit son rôle, revenant sur les différents contextes qui convergent pour faire de cette région un composé de complexités. Nos collègues de Questions internationales ont raison de citer Percy Kemp qui, en 2002, dans son roman Le système Boone, écrivait : « Si vous croyez avoir tout compris sur l’Orient, c’est qu’on vous a mal expliqué ! »

Du Liban à la Syrie, en passant par le Kurdistan, l’Iran, l’Égypte ou l’Arabie saoudite, les auteurs sollicités pour ce numéro nous aident à mieux comprendre cet Orient dont Edward Said avait bien montré qu’il n’était pas ce que les Occidentaux voulaient voir en lui… On laissera le lecteur se reporter à cette riche livraison tout en l’invitant plus particulièrement à s’intéresser au texte de François Frison-Roche sur le Yémen. Ce chercheur au CNRS avait en effet déjà produit un excellent article sur ce pays dans notre revue en 2017 . À l’époque, ce conflit se déroulait depuis 2 ans à huis-clos, dans la quasi-indifférence de la communauté internationale. Quatre ans plus tard, si cette guerre est (un peu) sortie de l’ignorance dans laquelle on l’avait placée, l’article de Frison-Roche permet de mesurer le chemin parcouru, même si l’avenir se veut toujours incertain.

Boris Martin • Rédacteur en chef

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