Un an après le début de l’invasion russe en Ukraine : des besoins humanitaires toujours aussi criants

Sara Germain Sara Germain est chercheuse associée à l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaires (OCCAH) et chercheuse étudiante pour le Laboratoire sur l'Influence et la Communication (LabFluens). Elle travaille également comme responsable des communications et réseaux sociaux auprès de l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM). Étudiante à la maîtrise en communication de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), ses intérêts de recherches sont principalement liés aux médias socionumériques, à la participation citoyenne et à l’hégémonie des discours en Russie.
François Audet
François AudetDirecteur de l’Institut d’études internationales de Montréal depuis mars 2018, François Audet est également professeur à l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et directeur scientifique de l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaires (OCCAH). Il est titulaire d’un doctorat de l’École nationale d’administration publique (ENAP) de Québec portant sur les processus décisionnels des organisations humanitaires internationales par rapport au renforcement des capacités locales. Avant d’entreprendre une carrière académique, il a cumulé plus de quinze années d’expérience dans le domaine de l’aide humanitaire. Ses intérêts de recherche portent sur les nouvelles pratiques en matière d’aide humanitaire, l’efficacité de l’action humanitaire envers les réfugiés et les politiques canadiennes d’aide au développement.
Janyck Beaulieu
Janyck BeaulieuJanyck Beaulieu est doctorante en développement international et mondialisation à l’Université d’Ottawa sous la supervision de Maïka Sondarjee. À travers ses recherches et son engagement, elle s’intéresse aux approches et pratiques féministes et participatives dans les projets de développement international ou d’action humanitaire, aux savoirs militants ainsi qu'aux questions de santé (santé sexuelle et reproductive, santé mentale, approche One Health). Elle agit comme auxiliaire de recherche ou comme consultante dans plusieurs projets de développement international. Elle est membre du Réseau Québécois en Études Féministes (RéQEF), chercheure associée à l’Observatoire sur les crises et l’action humanitaires (OCCAH) et a fondé le Réseau féministe en solidarité internationale.
Stéphanie Maltais
Stéphanie MaltaisStéphanie Maltais est docteure en développement international. Son expertise se retrouve à l’intersection entre la gestion des crises, la santé mondiale et le développement international. Sa thèse doctorale portait sur la gestion des crises sanitaires dans les États fragiles avec une étude de cas sur l’épidémie d’Ebola en Guinée. Elle a réalisé un postdoctorat à l’Université d’Ottawa en plus d’être chargée de cours à l’Université Laval et professeure associée à l’Université Mohammed VI Polytechnique au Maroc. Elle est membre du comité scientifique de la revue Alternatives Humanitaires et chercheuse associée à la Chaire Senghor sur la santé et le développement en Afrique subsaharienne à l’uOttawa et à l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaires (OCCAH).

Publié le 24 février 2023

Pour citer cet article : Sara Germain, Janyck Beaulieu, Stéphanie Maltais, François Audet, « Un an après le début de l’invasion russe en Ukraine : des besoins humanitaires toujours aussi criants », Alternatives Humanitaires, 24 février 2023, https://www.alternatives-humanitaires.org/fr/2023/02/12/un-an-apres-le-debut-de-linvasion-russe-en-ukraine-des-besoins-humanitaires-toujours-aussi-criants/


Quelques semaines après l’invasion russe, nous publiions un article[1]Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 14 février 2023, https://data.unhcr.org/en/situations/ukraine en collaboration avec notre partenaire, l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaires (OCCAH). Dès le début de cette guerre, celui-ci a en effet entrepris une veille sur les conséquences humanitaires du conflit en Ukraine. Une douzaine de chercheurs et chercheuses s’affairent à évaluer et analyser la situation afin d’alimenter les réflexions des acteurs et actrices humanitaires et universitaires, ainsi que des personnalités et responsables politiques. Quatre membres de l’OCCAH nous livrent ici un bilan des besoins humanitaires un an après.

 

Il y a maintenant un an, le 24 février 2022, la fédération de Russie envahissait illégalement l’Ukraine. Une attaque dont la violence a marqué la planète tout entière, reléguant au second plan tous les autres contextes humanitaires, y compris la pandémie de Covid-19. Cette guerre a entraîné ce qui est maintenant reconnu comme la plus grande crise humanitaire en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Avec plus de treize millions de personnes déplacées[2]François Audet, Sara Germain et Stéphanie Maltais, « État de la situation en Ukraine : des violations flagrantes des principes humanitaires », Alternatives Humanitaires, 18 mars 2022, … Continue reading, plus de dix-huit mille victimes au sein de la population civile[3]Statista, 12 février 2023, https://www.statista.com/statistics/1293492/ukraine-war-casualties, des exécutions, des actes de torture et des milliers d’enquêtes pour crimes de guerre[4]Nations Unies, Guerre en Ukraine : la Commission d’enquête de l’ONU conclut que des crimes de guerre ont été commis, 23 septembre 2022, https://news.un.org/fr/story/2022/09/1127701, et avec des ramifications allant bien au-delà des frontières européennes, générant des impacts économiques et une crise alimentaire mondiale, les contrecoups du conflit se feront sentir longtemps après la fin des affrontements. L’objectif de cet article est de documenter la situation humanitaire un an après le début de l’invasion russe, et de mettre en valeur certaines spécificités du contexte ukrainien. 

La poursuite des violences : aucun répit à l’horizon

Ce conflit est, sans nul doute, appelé à durer. Alors que beaucoup d’analystes prédisaient un essoufflement rapide des forces armées russes, force est de constater que la résistance ukrainienne les a tout autant surpris. On remarque même, ces dernières semaines, une intensification des combats alliée à une course à l’armement rapide avec l’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni, qui ont promis l’envoi de quelque quarante-neuf chars d’assaut à l’Ukraine[5]David Brown, Jake Horton et Tural Ahmedzade, “Ukraine weapons: What tanks and other equipment are the world giving?”, BBC News, 17 February 2023, https://www.bbc.com/news/world-europe-62002218. En outre, les services de renseignement ukrainiens estiment les forces russes à l’intérieur de ses frontières à 320 000 personnes, soit pratiquement l’équivalent des troupes conscrites par le président Vladimir Poutine en septembre 2022[6]Erin Cunningham, Whitney Juckno, Victoria Bisset et al., “Ukraine live briefing: Ukrainian troops advance on Kherson with caution; U.S. to send more air defenses”, The Washington Post, … Continue reading. Et la Russie, selon les analystes militaires, disposerait encore de quelque 150 000 à 200 000 éléments de troupes de réserve disponibles[7]Marc Santora et Michael Schwirtz, “Russia-Ukraine War – Ukraine carries out wide anticorruption raids ahead of visit from E.U. leaders”, The New York Times, … Continue reading sans compter les quelque 50 000 mercenaires du groupe Wagner, une milice privée appartenant à l’oligarque Evgueni Prigojine, proche de Poutine.

Si l’utilisation d’une milice privée dans un conflit armé ne constitue pas un crime, selon le droit international humanitaire (DIH)[8]Médecins Sans Frontières, The practical Guide to Humanitarian Law, https://guide-humanitarian-law.org/content/article/3/mercenaries, la présence d’éléments mercenaires constitue toujours un risque supplémentaire par le fait que leur statut légal est imprécis[9]Hala A. Mohammed AL Doory, “Mercenaries in international humanitarian law”, College of Basic Education Research Journal, vol. 16, no. 3, 2020 pp. 569–596, sans compter qu’ils s’affranchissent très souvent des « lois de la guerre ». Le groupe Wagner, plus spécifiquement, a été accusé de crimes de guerre dans différents contextes, notamment en République centrafricaine pour le viol de femmes, ainsi qu’en Libye pour la dissémination de mines terrestres et d’autres engins explosifs improvisés dans les environs de Tripoli[10]“What is Russia’s Wagner Group of mercenaries in Ukraine?”, BBC News, 23 January 2023, https://www.bbc.com/news/world-60947877. En Ukraine, ses troupes sont lourdement suspectées de torture et d’assassinat de civils.

L’Est du pays : toujours ravagé par les affrontements

Après la reprise par les forces ukrainiennes de la ville de Kherson en octobre dernier, suite à son occupation par l’armée russe pendant plus de neuf mois, les principaux fronts se sont déplacés dans la région du Donetsk, au nord-est du pays[11]Josh Holder, “Maps: Tracking the Russian invasion of Ukraine”, The New York Times, 25 January 2023, https://www.nytimes.com/interactive/2022/world/europe/ukraine-maps.html, là où sont notamment stationnées les troupes du groupe Wagner. La bataille d’importance la plus récente s’est déroulée dans la ville minière de Soledar, qui a été prise par la fédération de Russie en janvier dernier[12]Will Vernon et Paul Kirby, “Soledar: Russia claims victory in battle for Ukraine salt mine town”, BBC News, 13 January 2023, https://www.bbc.com/news/world-europe-64263119, rapprochant ainsi les combats de la ville de Bakhmut, qui compte plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Dans le sud-est, la poursuite des combats dans la région de Kherson cause de forts dommages aux infrastructures civiles comme les écoles, les centres communautaires et les centres médicaux. Partout dans le pays les attaques aériennes persistent, ciblant souvent des infrastructures énergétiques et entravant significativement le travail des humanitaires présents sur le terrain[13]OCHA, Ukraine: Situation report, 19 December 2022, https://reliefweb.int/report/ukraine/ukraine-situation-report-19-dec-2022-enruuk.

Les nombreuses frappes de missiles ont été largement décriées par la communauté internationale du fait de la stratégie d’attaque indifférenciée qui cible autant les ressources militaires que civiles, et ce, depuis le début de l’invasion russe. Récemment, le 15 janvier 2023, la ville de Dnipro a subi l’une des plus graves attaques depuis le mois de septembre 2022, causant la mort de quarante-cinq civils, dont six enfants[14]Hanna Arhirova, “Russian strike toll: 45 dead civilians, including 6 children”, AP News, 18 January 2023, … Continue reading. Il est à noter que des attaques aériennes, à l’image de celle ayant frappé le théâtre abritant des enfants à Marioupol en mars 2022, font actuellement l’objet d’enquêtes de la Cour pénale internationale de La Haye, comme crimes de guerre[15]« Conflit Russie – Ukraine : de quels crimes de guerre la Russie est-elle accusée ? » BBC News Afrique, 18 novembre 2022, https://www.bbc.com/afrique/monde-63652348. Des rapports récents mettent également en lumière de nombreuses violations des droits humains commises par les troupes russes, en particulier contre des infrastructures de santé, leurs soignants comme leurs résidents[16]Ed Holt, “Destruction of Ukraine’s healthcare facilities violates international humanitarian law”, OCHA, Report, 27 January 2023, … Continue reading. Par ailleurs, on doit mentionner que les allégations de crimes et de violations du DIH concernent également l’État ukrainien : l’organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Watch a notamment exhorté les autorités ukrainiennes à enquêter sur de potentiels « crimes de guerre » commis contre des prisonniers russes[17]« Des crimes de guerre auraient aussi été commis par des soldats ukrainiens », RTS Info, 8 avril 2022, … Continue reading.

Les infrastructures civiles fortement atteintes

Le système de santé ciblé

Le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé à Kiev estime que, depuis le début des affrontements, plus de 700 infrastructures médicales ont été détruites ou fortement endommagées, après avoir été souvent délibérément ciblées[18]Lisa Schlein, “WHO: Russian attacks on Ukraine infrastructure target critical health care”, VOA, 20 December 2022, … Continue reading. Les nombreuses attaques qui visent directement les centres de santé affectent le travail des organisations humanitaires locales et internationales qui doivent pallier les dégâts occasionnés. Marioupol est un exemple marquant de la sévérité de la situation. En effet, selon le Centre ukrainien de santé, près de 80 % des infrastructures médicales de la ville auraient été dégradées depuis l’invasion russe. Dans ce contexte, il est évidemment impossible de fournir à la population des soins de base, alors que les besoins restent criants. En outre, la destruction du système fait qu’il est devenu impossible d’assurer les suivis médicaux et, par conséquent, les traitements de patient·e·s qui requièrent des soins de longue durée. Les soins spécialisés, comme la santé mentale ou encore les soins maternels, sont devenus quasi inexistants dans Marioupol[19]Ed Holt, “Destruction of Ukraine’s healthcare facilities…”, art. cit..

L’approvisionnement en matériel médical a également été gravement perturbé, une bonne partie des infrastructures routières du pays ayant été dévastées : à peine cent jours après le début du conflit, soit au mois de juin 2022, plus de 24 000 km de routes et 300 ponts avaient déjà été détruits[20]“During 100 days of war, Russians have destroyed 24,000 km of roads and 300 bridges in Ukraine”, Ukrainska Pravda, 3 June 2022, https://www.pravda.com.ua/eng/news/2022/06/3/7350285. Actuellement, l’état déplorable des routes est aggravé par le gel qui ralentit fortement le trafic et entraîne une plus forte insécurité pour le transport et les chaînes d’approvisionnement pour la population civile.

Le réseau électrique attaqué par l’armée russe et les enjeux liés à l’hiver

Les attaques répétées contre le secteur de l’énergie en Ukraine ont causé de fortes perturbations pour la distribution de l’électricité et du chauffage partout dans le pays et notamment, une fois encore, dans les hôpitaux et les centres de santé[21]Thomas Popik, “Ukraine’s coming electricity crisis. How to protect the grid from Russian attacks”, Foreign Affairs, 3 February 2023, … Continue reading. Déjà en novembre 2022, plus de la moitié des infrastructures en énergie ukrainiennes avaient été endommagées[22]OCHA, “Humanitarian organizations condemn continued attacks on civilian infrastructure leaving people in Ukraine without water, electricity and heating in freezing temperatures”, 25 November … Continue reading, perturbant significativement l’approvisionnement en eau. Les attaques répétées du mois d’octobre ont causé la détérioration de 40 % des installations de production et de transport d’électricité de l’Ukraine, déclenchant des pannes temporaires dans la majeure partie du pays[23]PAX Environment and Conflict Alert Ukraine, Risks and impacts from attacks on energy infrastructure in Ukraine, December 2022, … Continue reading. La communauté internationale a largement condamné ces attaques qui contreviennent au DIH et qui ont engendré, à ce jour, le déplacement de 14,4 millions d’ukrainiens et d’ukrainiennes, qui ont quitté leur foyer pour aller se réfugier dans des installations chauffées[24]OCHA, “Targeting of Ukraine energy infrastructure may provoke second wave of refugee crisis”, 13 December 2022, … Continue reading. Cependant, selon les dernières estimations de l’Organisation internationale des migrations (recensement datant de la mi-janvier 2023), il ne semble y avoir aucune nouvelle vague massive de déplacements comme auraient pu le laisser craindre les basses températures et la crise énergétique : seules 7 % des personnes sondées ont affirmé envisager de quitter leur résidence en quête d’une installation chauffée[25]Organisation internationale pour les migrations, Ukraine – Internal Displacement Report – General Population Survey Round 12, Janvier 2023, … Continue reading.

Pour autant, les acteurs humanitaires doivent opérer des programmes d’hivernisation afin de répondre aux besoins en vêtements et couvertures, chauffage et gaz, abris, isolation et réparations, eau, surveillance du monoxyde de carbone, et matériels de construction[26]ACAPS, UKRAINE – Overview of winterisation needs and response, 29 August 2022, … Continue reading. Les personnes les plus affectées par le conflit sont celles vivant en milieu rural, les personnes âgées ou à mobilité réduite, celles ayant trouvé refuge dans les abris collectifs temporaires de type shelters, celles habitant dans les zones endommagées par la guerre, et toutes les personnes dont les moyens de subsistance et les revenus ont subi de plein fouet les effets du conflit[27]Ibid..

Avec l’hiver, les nombreuses coupures de courant ont des conséquences sur la délivrance de l’aide humanitaire pour les personnes civiles qui demeurent dans le pays et, particulièrement, pour les personnes déplacées internes. Les organisations humanitaires font face à de nouveaux défis en travaillant dans les zones urbaines où les besoins individuels (nourriture, abris, hygiène, etc.) sont aussi nombreux que les besoins collectifs, avec les dégradations des infrastructures électriques, hydriques, de chauffage ou encore de télécommunications[28]François Grünewald, Évaluation en temps réel de la réponse humanitaire à la crise liée à la guerre en Ukraine, 24 juillet – 18 août 2022, Groupe URD, août 2022, … Continue reading. Les coupures de courant empêchent les établissements comme les écoles et les cliniques d’ouvrir, interdisant par conséquent l’accès de la population à des services essentiels[29]Amnesty, “Ukraine: Devastating power cuts undermining civilian life as Christmas approaches”, 21 December 2022, … Continue reading.

Par ailleurs, des expert·e·s estiment que l’effondrement du réseau électrique pourrait causer d’autres victimes, en raison notamment des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement alimentaire. En effet, la crise alimentaire occasionnée par les défaillances des marchés mondiaux liés à la crise en Ukraine pourrait avoir des conséquences dramatiques dans plusieurs régions du globe. Certains avancent même que le conflit en Ukraine, qui occasionne une rupture dans l’approvisionnement alimentaire et engendre une hausse des prix des aliments de base partout sur la planète, pourrait affecter la sécurité alimentaire de 1,7 milliard de personnes et que 275 millions de personnes pourraient souffrir de famine sévère[30]Faqin Lin, Xuecao Li, Ningyuan Jia et al., “The impact of Russia-Ukraine conflict on global food security”, Global Food Security, vol. 36, March 2023. Il convient par ailleurs de ne pas négliger la menace d’un incident nucléaire dont le spectre reste permanent, et qui pourrait avoir des conséquences encore difficiles à évaluer[31]Thomas Popik, “Ukraine’s coming electricity crisis…”, art. cit..

Plus de treize millions de personnes réfugiées : aspects genrés et intersectionnels

Selon les derniers recensements réalisés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à la date du 31 janvier dernier, plus de treize millions de personnes avaient franchi les frontières ukrainiennes[32]Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 14 février 2023, art. cit. Ce nombre exclut les personnes déplacées internes que le Comité international de la Croix-Rouge estime à plusieurs … Continue reading. Rappelons qu’au début du conflit, les Nations unies anticipaient, dans leurs pires scénarios, le déplacement d’approximativement cinq millions de personnes[33]Tim Gosling, “Central Europe braces for an influx of Ukrainian refugees. Poland, Slovakia and other states are ready to welcome Ukrainians fleeing tensions with Russia”, Al Jazeera, 22 February … Continue reading. Un an plus tard, ces chiffres ont donc été largement dépassés tandis que l’intensification des attaques russes laisse présager la poursuite des déplacements d’une partie de la population ukrainienne vers l’Europe.

Malgré un ralentissement dans l’afflux des personnes réfugiées observé au cours des derniers mois, la situation marquée d’un niveau 3 (le plus haut niveau de crise) par le HCR est toujours d’actualité[34]WHO Foundation, « L’OMS lance un appel d’urgence pour l’Ukraine », https://www.unhcr.org/fr/urgence-ukraine.html. Les réfugié·e·s et déplacé·e·s internes ont des besoins criants en liquidités et en hébergement. De nombreuses analyses et rapports ont souligné la nature genrée et intersectionnelle de la crise en Ukraine et de la situation pour les réfugié·e·s ukrainien·ne·s[35]UN Women and CARE International, Rapid gender analysis of Ukraine: Secondary data review, March 2022, https://www.unwomen.org/sites/default/files/2022-03/RGA%20Ukraine-SDR%20Full%20Report_0.pdf. Malgré les engagements pris par l’Union européenne dans le cadre de la directive sur la protection temporaire, beaucoup de réfugié·e·s peinent à trouver un emploi dans leur pays d’accueil. C’est le cas principalement des femmes avec de jeunes enfants qui ont du mal à réunir les conditions leur permettant de chercher du travail tout en participant aux cours de langues nécessaires à leur intégration[36]Rick Noack, Meg Kelly, Dan Rosenzweig-Ziff et al., “How the E.U. has fallen short on promises to Ukrainian refugees”, The Washington Post, 26 October 2022, … Continue reading. Les femmes et filles ukrainiennes réfugiées ou déplacées internes assumant majoritairement le fardeau de soins font face à une précarité d’emploi les conduisant souvent à accepter des emplois informels, ce qui augmente le risque d’exploitation, de travail du sexe forcé ou de trafic humain[37]Pat Cox, Sarah Neal, Jane March-McDonald et al., “Sexual and reproductive health rights of Ukraine’s young sanctuary seekers: Can we pre-empt risks and uncertainty?”, Journal of Child Health … Continue reading. Entre janvier et juin 2022, la ligne d’écoute nationale de prévention des violences domestiques, du trafic humain et du sexisme a reçu 17 032 appels de signalement, provenant à 75 % de femmes et de filles[38]Ariadna Capasso, Halyna Skipalska, Jaime Nadal et al., “Lessons from the field: Recommendations for gender-based violence prevention and treatment for displaced women in conflict-affected … Continue reading. En outre, une femme déplacée interne sur cinq aurait subi des violences de la part d’hommes armés. Ces violences, loin d’être toutes perpétrées par des soldats russes, constituent des crimes de guerre[39]Human Rights Watch, Ukraine: apparent war crimes in Russia-controlled areas. Summary executions, other grave abuses by Russian forces, 3 April 2022, … Continue reading. Heureusement, à la fin de 2022, 101 brigades mobiles de soutien quant aux violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) étaient mobilisées sur le territoire ukrainien afin de fournir des soins psychosociaux en la matière[40]Rosemary Morgan, Lillian Asiimwe, Amanda L. Ager et al., “Rehabilitation services must include support for sexual and gender-based violence survivors in Ukraine and other war – and … Continue reading.

Le déplacement des femmes et des enfants, qui représentent 85 % des personnes déplacées[41]Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 14 février 2023, art. cit. (https://data.unhcr.org/en/situations/ukraine) : il est toujours illégal pour les hommes ukrainiens âgés entre 18 et 60 … Continue reading, aura des conséquences importantes sur la démographie de l’Ukraine[42]Mansur Mirovalev, “In the grips of war, Ukraine faces bleak demographic future. The refugee crisis is exacerbating Ukraine’s irreversible demographic decline, which began in the Soviet era”, Al … Continue reading et devra impérativement être pris en compte à la fin du conflit. Par ailleurs, les enfants ukrainiens, qu’ils aient ou non quitté le pays, ont actuellement de grandes difficultés à accéder à l’éducation. En effet, l’UNICEF rapporte que cinq millions d’enfants ont vu leur éducation affectée par le conflit[43]Nations Unies, La guerre en Ukraine a affecté l’éducation de plus de 5 millions d’enfants – UNICEF, 24 January 2023, https://news.un.org/fr/story/2023/01/1131602. Alors que deux enfants réfugiés sur trois ne sont pas inscrits à l’école[44]Unicef, 11 months of war in Ukraine have disrupted education for more than five million children. On International Day of Education, UNICEF calls for increased support to ensure learning … Continue reading, les attaques aériennes sur les écoles ainsi que les fréquentes coupures d’électricité limitent leur accès à une éducation décente[45]Unicef, Ukraine war response: Ensuring access to learning. Ensuring Ukrainian children keep learning can mean the difference between hope and despair, 1 September 2022, … Continue reading. Il est également pertinent de soulever l’enjeu de la santé mentale puisque la situation actuelle pose un énorme risque pour la population ukrainienne. La persistance du conflit risque de provoquer des traumatismes psychologiques chroniques et généralisés, particulièrement auprès des groupes et communautés discriminées et vulnérabilisées[46]CARE International, Six months on in Ukraine: Brutal mental health toll must not be overlooked, warns CARE, 24 August 2022, … Continue reading. Sans parler des risques de « traumatisme vicariant » et de fatigue compassionnelle qui guettent le personnel humanitaire portant assistance aux communautés.

Par ailleurs, les graves perturbations que connaissent les services de santé, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR), touchent davantage les femmes et filles, les personnes LGBTQIA et les personnes vivant avec le VIH ou un handicap. Que ce soit sur le territoire ukrainien ou dans certains pays d’accueil, l’accès à de nombreux soins et services de santé – notamment l’avortement, l’hormonothérapie ou la thérapie antirétrovirale – est restreint, voire impossible[47]Commissaire aux droits de l’Homme, Les personnes LGBTI touchées par la guerre en Ukraine ont besoin de protection, 17 mai 2022, … Continue reading. Sur le territoire ukrainien, des cas de personnes d’origine russe vivant avec le VIH, discriminées, violentées ou privées de services, comme punition symbolique contre la Russie, ont été rapportés. Enfin, de nombreuses personnes vivant avec un handicap, coupées de leurs communautés, risquent d’être abandonnées par l’État[48]Eszter Kismödi et Emma Pitchforth, “Sexual and reproductive health, rights and justice in the war against Ukraine”, Sexual and Reproductive Health Matters, vol. 30, no. 1, 2022, pp. 1–5..

Les réfugié·e·s LGBTQIA, racisé·e·s ou roms, discriminé·e·s et faisant fréquemment face à des violences racistes, xénophobes, homophobes ou transphobes peinent à traverser les frontières et à avoir accès à du soutien et à des ressources[49]Oxfam International, Roma refugees from Ukraine face Europe’s coming winter with added burden of hostility and discrimination, 26 October 2022, … Continue reading. Les couples de même sexe et les personnes trans sont particulièrement sujets à ces discriminations, leur statut familial ou leur identité de genre n’étant pas toujours reconnue[50]Maryna Shevtsova, “Choosing to stay? Lesbian, gay, bisexual, trans and queer people and the war in Ukraine”, European Journal of Politics and Gender, vol. 5, no. 3, 27 June 2022, … Continue reading. En outre, des citoyen·ne·s d’origine africaine ou asiatique ont été contraint·e·s de faire le trajet à pied après avoir été expulsé·e·s des transports. Une fois arrivées aux frontières, elles ont été forcées d’attendre que traversent d’abord les personnes de nationalité ukrainienne (c’est-à-dire « blanches »), en restant dans le froid, avec très peu d’eau, de nourriture ou de couvertures. Ce racisme était aussi perceptible dans la couverture médiatique mettant l’accent sur la blanchité des réfugié·e·s ukrainien·ne·s[51]Simar S. Bajaj et Fatima Cody Stanford, “The Ukrainian refugee crisis and the pathology of racism”, BMJ, 11 March 2022 ; Heather Chen, “Critics Call Out ‘Racist’ Western Coverage of … Continue reading. De même, face à un antitziganisme prégnant dans la société ukrainienne, des personnes roms réfugiées ont témoigné vivre entassées dans des installations insalubres, peu sûres, non adaptées pour des personnes en situation de handicap, et avec un accès très limité à l’électricité, au chauffage, à l’eau potable et à l’éducation pour les enfants[52]Ivana Cottasová, “‘You are not a refugee.’ Roma refugees fleeing war in Ukraine say they are suffering discrimination and prejudice”, CNN, 7 August 2022, … Continue reading. L’absence de documents d’état civil est un enjeu ancien qui touche aujourd’hui particulièrement les milliers de roms sans-papiers[53]Betsy Joles, “Roma refugees who fled from Ukraine to Moldova are now in limbo”, NPR, 21 May 2022, https://www.npr.org/2022/05/21/1098489307/roma-refugees-moldova-ukraine-war, limitant leur accès aux ressources et leur capacité à migrer.

Appui international

Alors que la guerre n’en finit pas, la situation en Europe évolue pour s’adapter. À ce jour, la Pologne a accueilli plus d’un million et demi de personnes réfugiées sur son territoire. L’État polonais a récemment amendé sa loi spéciale sur l’assistance aux ukrainien·ne·s : à partir du 1er mars 2023, il exigera que les réfugié·e·s séjournant en Pologne depuis plus de 120 jours couvrent 50 % de leurs frais d’hébergement dans les abris collectifs[54]International Rescue Committee, Poland: Amendments to Ukrainian refugee hosting laws showcase the need for continued humanitarian support, 27 January 2023, … Continue reading. Le fait est que les pays limitrophes sont aussi aux prises avec des contextes difficiles. Alors que l’inflation grimpe à travers toute l’Europe et que les populations locales sont de plus en plus préoccupées par l’augmentation du coût de la vie, l’accueil des réfugié·e·s ukrainien·ne·s par les pays de l’Union européenne est de plus en plus incertain[55]Catherine E. de Vries et Isabell Hoffmann, “Under pressure: The war in Ukraine and European public opinion”, Eupinions, 5 October 2022, https://eupinions.eu/de/text/under-pressure. Les organisations humanitaires sont dès lors contraintes de poursuivre leur plaidoyer auprès des gouvernements pour que les engagements pris soient respectés. L’Allemagne arrive en deuxième position des pays de l’UE ayant accueilli le plus de réfugié·e·s ukrainien·ne·s, avec plus d’un million de personnes enregistrées au 31 janvier 2023. La France, elle, en comptait 118 994 au 31 octobre 2022[56]Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 14 février 2023, https://data.unhcr.org/en/situations/ukraine.

En termes financiers, on estimait en 2022 que les besoins humanitaires s’élevaient à 4,3 milliards de dollars et que 3,4 milliards avaient été reçus, ce qui représente un manque de près de 12 %[57]OCHA, Ukraine Flash Appeal 2022, 2022, https://fts.unocha.org/appeals/1102/summary. Jusqu’à présent, les plus grands donateurs bilatéraux ont été les États-Unis (36,7 % du total), la Commission européenne (10,8 %) et l’Allemagne (10,1 %)[58]Ibid.. Toujours selon le Financial Tracking Service, suivent le Royaume-Uni (2,7 %) incluant son comité de réponse aux urgences (3,9 %), le Canada (4,5 %), le Japon (3,5 %), la France (2,3 %) et la Norvège (2,3 %)[59]Ibid.. En outre, bien qu’elle soit difficile à quantifier, l’aide monétaire et matérielle provenant de la diaspora ukrainienne est considérable. Une baisse aurait cependant été observée depuis juillet dernier, comme le note le Groupe URD[60]François Grünewald, La réponse humanitaire en Ukraine : « nos » principes et schémas revisités, Groupe URD, 13 décembre 2022, … Continue reading. Le bilan le plus récent de OCHA de février 2023 rapportait que 17,7 millions de personnes avaient besoin d’aide humanitaire de manière urgente, et qu’environ 15,8 millions en avaient obtenu en décembre 2022[61]OCHA, Ukraine humanitarian response – Key achievements in 2022, 10 February 2023, https://reports.unocha.org/en/country/ukraine. Malgré un portrait peu clair de la situation au niveau de la présence internationale, les besoins les plus criants, du point de vue des regroupements sectoriels (clusters), étaient dans les domaines de l’eau, la protection et la santé[62]OCHA, Ukraine 2022 flash appeal: Estimated number of people reached as of 31 December 2022, 10 January 2023, … Continue reading.

Pour 2023, l’ONU estime à 5,6 milliards de dollars les besoins humanitaires pour aider 11,1 millions de personnes en Ukraine et environ 4,2 millions de réfugié·e·s en Europe, et surtout en Pologne – premier pays d’accueil des personnes réfugiées – et en Moldavie, où elles transitent[63]Nations Unies, Guerre en Ukraine : 5,6 milliards de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires, selon l’ONU, 15 février 2023, https://news.un.org/fr/story/2023/02/1132297. Toujours pour l’année en cours, on prévoit, dans le plan de réponse humanitaire, que les secteurs qui auront les besoins les plus importants seront ceux de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance, les transferts monétaires à usages multiples (multi-purpose cash) ainsi que les abris et biens non alimentaires[64]OCHA, UN Business Brief: Ukraine humanitarian crisis, February 2023, https://reliefweb.int/report/ukraine/un-business-brief-ukraine-humanitarian-crisis-february-2023. Les plans régionaux de réponse aux réfugié·e·s affirment que les postes les plus importants en 2023 seront les besoins de base, la protection, les moyens de subsistance et l’inclusion économique[65]Ibid..

Plusieurs organisations humanitaires disent être dépassées par l’ampleur des besoins et reconnaissent que les programmes de transferts monétaires sont les plus efficaces. Toutefois, les conditions de financement trop rigides, et les délais irréalistes des bailleurs de fonds internationaux expliquent que les organisations n’arrivent pas à prioriser les besoins sur le terrain. Elles font plutôt de la distribution générale – sans discrimination ni priorisation – de biens alimentaires et non alimentaires pour offrir de l’aide plus rapidement, répondre aux exigences des bailleurs et respecter les dates d’expiration des produits[66]Corinne Redfern, “One year on, Ukraine exposes the limits of well-funded international aid”, The New Humanitarian, 14 February 2023, … Continue reading. On critique d’ailleurs le fait que, par exemple, des médicaments ont été stockés pendant des mois dans des entrepôts en Europe et qu’ils sont arrivés trop tard à destination, occasionnant du gaspillage et des besoins non satisfaits. D’autres critiques émergent sur le manque de flexibilité des budgets des ONG internationales, comme en témoigne l’exemple de celles qui ont offert des couvertures légères et bon marché pour affronter le froid, car elles n’avaient pas pu ajuster leur budget en conséquence au moment venu[67]Ibid..

Il convient également de souligner qu’une bonne partie de l’aide internationale attribuée à l’Ukraine est dirigée vers l’aide militaire. Selon une mise à jour effectuée en novembre dernier, alors que 16,76 milliards d’euros ont été promis en aide humanitaire à l’Ukraine, il s’avère que plus du double a été alloué en aide militaire, soit 37,87 milliards d’euros[68]Arianna Antezza, André Frank, Pascal Frank et al., The Ukraine Support Tracker: Which countries help Ukraine and how?, Kiel Institute for the World Economy, 18 August 2022, … Continue reading. Le plus grand donateur pour l’Ukraine demeure les États-Unis dont l’aide totalise 47,83 milliards d’euros selon des statistiques mises à jour en novembre 2022[69]Ibid.. Par ailleurs, une grande portion de l’aide fournie à l’Ukraine est envoyée sous forme de prêts. Avec un taux d’inflation de 26 %, des taux d’intérêts de 25 % et la perte du tiers de son PIB en 2022, cette dette risque de plonger le pays dans une grande crise économique qui entraverait ses capacités de reconstruction et les efforts de développement du pays[70]Eoin Drea, “The EU is leading Ukraine into a sovereign debt crisis”, Politico, 23 January 2023, https://www.politico.eu/article/european-union-ukraine-war-debt-crisis-aid-loans-18-billion Dorota … Continue reading.

Un conflit qui dépasse les frontières

On le sait, les effets de cette guerre sont loin d’être cantonnés au seul territoire ukrainien. Les répercussions qu’elle a sur les chaînes d’approvisionnement représentent un enjeu non négligeable de ce conflit. Si la fédération de Russie était le principal fournisseur de gaz naturel de l’Europe, avec des exportations couvrant 40 % de ses besoins en gaz naturel, l’Ukraine était, pour sa part, un pays essentiel sur le plan de l’alimentation. Avec une exportation de maïs estimée à 27,2 millions de tonnes métriques et une exportation de blé estimée à 21,2 millions de tonnes métriques en 2021, l’Ukraine représente un des plus grands exportateurs de céréales au monde[71]Agnieszka Maciejewska and Katarzyna Skrzypek, “Ukraine agriculture exports – what is at stake in the light of invasion?”, S&P Global Market Intelligence, 7 March 2022, … Continue reading. Après l’invasion russe et la perte de l’accès aux ports de la mer Noire, les exportations du pays ont chuté, plongeant le monde dans une grande insécurité alimentaire, et ce, malgré l’entente conclue par la Russie, l’Ukraine, la Turquie et les Nations unies pour permettre l’exportation des céréales[72]Julia Horowitz, “Russia’s war in Ukraine sparked a historic food crisis. It’s not over”, CNN, 17 January 2023, https://edition.cnn.com/2023/01/15/business/global-food-crisis-davos/index.html.

La localisation de l’aide humanitaire

Les acteurs et actrices de la société civile ukrainienne, représentées par des organisations non gouvernementales locales, des associations, églises, groupes de volontaires et autres, sont plus que mobilisées et dynamiques pour appuyer la réponse nationale et locale[73]François Grünewald, Évaluation en temps réel de la réponse humanitaire…, op. cit.. Il en est de même pour de nombreuses organisations de la société civile dans les pays d’accueil, notamment des organisations féministes, LGBTQIA+ ou roms[74]CARE, Six months on in Ukraine: Local and national women’s organizations are leading the response to the conflict but are side-lined by humanitarian actors, CARE International, 24 August 2022, … Continue reading, qui soutiennent les personnes réfugiées les plus discriminées et vulnérabilisées. En outre, on note aussi la force des collectivités locales dans la réponse humanitaire. En zone de conflit, en effet, elles ont joué un rôle de premier plan dans la réception et la distribution de l’aide humanitaire entre les différentes zones, mais également dans l’organisation des transports collectifs, la réparation des réseaux d’aqueduc ou d’électricité, ou encore la distribution de gaz pour pouvoir répondre aux besoins de chauffage en hiver[75]François Grünewald, Évaluation en temps réel de la réponse humanitaire…, op. cit.. De façon décentralisée, pour l’accueil des personnes déplacées internes ou des personnes réfugiées, encore une fois, ce sont les collectivités locales qui ont répondu aux besoins en matière d’hébergement à plus ou moins long terme, et à toutes les autres dimensions de l’accueil. Les réseaux ukrainiens de solidarité ont collecté et distribué une grande partie de l’aide humanitaire avec l’appui de certaines Églises et de quelques acteurs internationaux comme CARITAS[76]Ibid..

Reconnaissant la force de la société civile ukrainienne, certains acteurs internationaux et ukrainiens ont mis en garde contre l’internationalisation de la réponse humanitaire dans le pays. Le risque serait en effet de miner les capacités locales, alors que certains appréhendent le fait que les acteurs internationaux seraient amenés à se retirer à un moment ou un autre[77]Nicholas Noe, Localizing the international humanitarian response in Ukraine, Refugees International, 9 September 2022, … Continue reading. Une stratégie concrète de localisation de l’aide aurait donc tout intérêt à être développée via, notamment, un transfert progressif des financements vers les entités locales et des bénéficiaires directs, le tout accompagné d’un renforcement des capacités des acteurs locaux dans la réception de l’aide. Pour l’instant, le processus de demande de financement est perçu comme compliqué et lent par les ONG locales, si bien qu’un certain nombre d’entre elles n’ont pas accès aux fonds, ce qui signifie que beaucoup de personnes ne reçoivent pas l’aide dont elles auraient besoin[78]Corinne Redfern, “One year on, Ukraine exposes the limits of…”, art. cit.. Il convient d’avoir conscience que le rôle des organisations locales est essentiel, et que les risques qu’elles prennent quotidiennement permettent en grande partie aux organisations internationales de fournir l’aide[79]Ibid..

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References

References
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18 Lisa Schlein, “WHO: Russian attacks on Ukraine infrastructure target critical health care”, VOA, 20 December 2022, https://www.voanews.com/a/who-russian-attacks-on-ukraine-infrastructure-target-critical-health-care/6884045.html
19 Ed Holt, “Destruction of Ukraine’s healthcare facilities…”, art. cit.
20 “During 100 days of war, Russians have destroyed 24,000 km of roads and 300 bridges in Ukraine”, Ukrainska Pravda, 3 June 2022, https://www.pravda.com.ua/eng/news/2022/06/3/7350285
21 Thomas Popik, “Ukraine’s coming electricity crisis. How to protect the grid from Russian attacks”, Foreign Affairs, 3 February 2023, https://www.foreignaffairs.com/ukraine/ukraine-coming-electricity-crisis-protect-grid-from-russian-attacks
22 OCHA, “Humanitarian organizations condemn continued attacks on civilian infrastructure leaving people in Ukraine without water, electricity and heating in freezing temperatures”, 25 November 2022, https://reliefweb.int/report/ukraine/humanitarian-organizations-condemn-continued-attacks-civilian-infrastructure-leaving-people-ukraine-without-water-electricity-and-heating-freezing-temperatures
23 PAX Environment and Conflict Alert Ukraine, Risks and impacts from attacks on energy infrastructure in Ukraine, December 2022, https://paxforpeace.nl/media/download/PAX_Ukraine_energy_infrastructure_FIN.pdf
24 OCHA, “Targeting of Ukraine energy infrastructure may provoke second wave of refugee crisis”, 13 December 2022, https://reliefweb.int/report/ukraine/targeting-ukraine-energy-infrastructure-may-provoke-second-wave-refugee-crisis
25 Organisation internationale pour les migrations, Ukraine – Internal Displacement Report – General Population Survey Round 12, Janvier 2023, https://dtm.iom.int/reports/ukraine-internal-displacement-report-general-population-survey-round-12-16-23-january-2023
26 ACAPS, UKRAINE – Overview of winterisation needs and response, 29 August 2022, https://www.acaps.org/sites/acaps/files/products/files/20220829_acaps_ukraine_analysis_hub_winterisation_needs_and_response_0.pdf
27 Ibid.
28 François Grünewald, Évaluation en temps réel de la réponse humanitaire à la crise liée à la guerre en Ukraine, 24 juillet – 18 août 2022, Groupe URD, août 2022, https://www.urd.org/wp-content/uploads/2022/09/Ukraine_RTErapport_GroupeURD_FR.pdf
29 Amnesty, “Ukraine: Devastating power cuts undermining civilian life as Christmas approaches”, 21 December 2022, https://www.amnesty.org/en/latest/news/2022/12/ukraine-devastating-power-cuts-undermining-civilian-life-as-christmas-approaches
30 Faqin Lin, Xuecao Li, Ningyuan Jia et al., “The impact of Russia-Ukraine conflict on global food security”, Global Food Security, vol. 36, March 2023
31 Thomas Popik, “Ukraine’s coming electricity crisis…”, art. cit.
32 Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 14 février 2023, art. cit. Ce nombre exclut les personnes déplacées internes que le Comité international de la Croix-Rouge estime à plusieurs centaines de milliers.
33 Tim Gosling, “Central Europe braces for an influx of Ukrainian refugees. Poland, Slovakia and other states are ready to welcome Ukrainians fleeing tensions with Russia”, Al Jazeera, 22 February 2022, https://www.aljazeera.com/news/2022/2/22/central-europe-braced-for-ukrainian-refugee-crisis
34 WHO Foundation, « L’OMS lance un appel d’urgence pour l’Ukraine », https://www.unhcr.org/fr/urgence-ukraine.html
35 UN Women and CARE International, Rapid gender analysis of Ukraine: Secondary data review, March 2022, https://www.unwomen.org/sites/default/files/2022-03/RGA%20Ukraine-SDR%20Full%20Report_0.pdf
36 Rick Noack, Meg Kelly, Dan Rosenzweig-Ziff et al., “How the E.U. has fallen short on promises to Ukrainian refugees”, The Washington Post, 26 October 2022, https://www.washingtonpost.com/world/2022/10/26/ukrainian-refugees-eu-temporary-protection
37 Pat Cox, Sarah Neal, Jane March-McDonald et al., “Sexual and reproductive health rights of Ukraine’s young sanctuary seekers: Can we pre-empt risks and uncertainty?”, Journal of Child Health Care, vol. 26, no. 2, 10 May 2022, pp. 169–171;

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38 Ariadna Capasso, Halyna Skipalska, Jaime Nadal et al., “Lessons from the field: Recommendations for gender-based violence prevention and treatment for displaced women in conflict-affected Ukraine”, The Lancet Regional Health – Europe, vol. 17, June 2022, https://www.thelancet.com/pdfs/journals/lanepe/PIIS2666-7762(22)00101-6.pdf
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54 International Rescue Committee, Poland: Amendments to Ukrainian refugee hosting laws showcase the need for continued humanitarian support, 27 January 2023, https://eu.rescue.org/press-release/poland-amendments-ukrainian-refugee-hosting-laws-showcase-need-continued-humanitarian
55 Catherine E. de Vries et Isabell Hoffmann, “Under pressure: The war in Ukraine and European public opinion”, Eupinions, 5 October 2022, https://eupinions.eu/de/text/under-pressure
56 Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 14 février 2023, https://data.unhcr.org/en/situations/ukraine
57 OCHA, Ukraine Flash Appeal 2022, 2022, https://fts.unocha.org/appeals/1102/summary
58 Ibid.
59 Ibid.
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66 Corinne Redfern, “One year on, Ukraine exposes the limits of well-funded international aid”, The New Humanitarian, 14 February 2023, https://www.thenewhumanitarian.org/analysis/2023/02/14/Why-international-aid-is-not-reaching-Ukraine
67 Ibid.
68 Arianna Antezza, André Frank, Pascal Frank et al., The Ukraine Support Tracker: Which countries help Ukraine and how?, Kiel Institute for the World Economy, 18 August 2022, https://www.econstor.eu/bitstream/10419/262746/1/KWP2218v5.pdf. L’étude présentée recense le soutien apporté par 40 États, dont tous les pays membres du G7 et de l’Union européenne, ainsi que par les institutions de l’UE. Les montants fournis par des donateurs privés et l’aide par le biais d’ONG ne sont pas inclus puisqu’il n’a pas de recensement systématique de ces donations.
69 Ibid.
70 Eoin Drea, “The EU is leading Ukraine into a sovereign debt crisis”, Politico, 23 January 2023, https://www.politico.eu/article/european-union-ukraine-war-debt-crisis-aid-loans-18-billion

Dorota Kolarska, et Magdalena Milenkovska, “Why Ukraine needs debt forgiveness”, New Eastern Europe, vol. 5, no. 53, 3 October 2022, pp. 54–59.

71 Agnieszka Maciejewska and Katarzyna Skrzypek, “Ukraine agriculture exports – what is at stake in the light of invasion?”, S&P Global Market Intelligence, 7 March 2022, https://www.spglobal.com/marketintelligence/en/mi/research-analysis/ukraine-agriculture-exports-what-is-at-stake.html
72 Julia Horowitz, “Russia’s war in Ukraine sparked a historic food crisis. It’s not over”, CNN, 17 January 2023, https://edition.cnn.com/2023/01/15/business/global-food-crisis-davos/index.html
73 François Grünewald, Évaluation en temps réel de la réponse humanitaire…, op. cit.
74 CARE, Six months on in Ukraine: Local and national women’s organizations are leading the response to the conflict but are side-lined by humanitarian actors, CARE International, 24 August 2022, https://www.care-international.org/sites/default/files/2022-08/Localisation_Women%20Organizations%20in%20Ukraine.pdf ;

Maryna Shevtsova, “Choosing to stay?…”, art. cit. ;

Ivana Cottasová, “‘You are not a refugee.’ Roma refugees…”, art. cit.

75 François Grünewald, Évaluation en temps réel de la réponse humanitaire…, op. cit.
76 Ibid.
77 Nicholas Noe, Localizing the international humanitarian response in Ukraine, Refugees International, 9 September 2022, https://www.refugeesinternational.org/reports/2022/9/8/localizing-the-international-humanitarian-response-in-ukraine
78 Corinne Redfern, “One year on, Ukraine exposes the limits of…”, art. cit.
79 Ibid.