Le passé impérial et l’avenir décolonisé de l’action humanitaire

William Plowright
William PlowrightWilliam Plowright est chercheur en sciences sociales et travailleur humanitaire. Actuellement professeur adjoint en sécurité internationale à l’université de Durham (Royaume-Uni), ses recherches portent sur deux domaines : la dynamique des conflits armés contemporains et la politique de l’aide humanitaire. Il est l’auteur du livre Armed Groups and the Pursuit of International Legitimacy : Child Soldiers in Intra-State Wars (Routledge, 2021), pour lequel il a mené des recherches approfondies auprès de groupes armés en Syrie et au Myanmar. Il est également l’auteur de The War on Rescue : The Obstruction of Humanitarian Assistance in the European Migration Crisis (Cornell University Press, à paraître). William a, en outre, travaillé à la gestion d’opérations humanitaires pendant près de dix ans, notamment en Syrie, en Afghanistan, au Yémen, en Libye, en République démocratique du Congo, au Soudan, en République centrafricaine et dans d’autres pays, se concentrant sur la gestion opérationnelle, le développement et la formation du personnel, et la sécurité.

Le secteur humanitaire n’échappe pas aux remises en question provoquées par le mouvement décolonialiste. S’il est essentiel de regarder en face les reliques de l’histoire, il faut aussi être fort de ce que l’on porte. Cette tribune aide incontestablement à tracer un chemin entre ces deux exigences.


Toute institution sociale est le produit de l’époque à laquelle elle a été créée. L’humanitaire a vu le jour et s’est développé au cours des xixe et xxe siècles – périodes d’impérialisme et de colonialisme – et de nombreux aspects de cette époque persistent dans les structures de l’action humanitaire internationale aujourd’hui. Pour faire face aux défis du présent, une réflexion honnête et approfondie sur ces héritages est nécessaire.

Cet article propose une description de l’action humanitaire contemporaine prenant en considération son passé impérial et les tentatives actuelles de décolonisation de l’aide. Il identifie les éléments des systèmes coloniaux et/ou impériaux qui subsistent dans le système humanitaire international. Enfin, il résume le débat contemporain sur la décolonisation du secteur humanitaire, en examinant à la fois les appels au changement et les critiques qui leur sont adressées[1]Voir Judith von Heusinger, Kerstin Zimmer and Thorsten Bonacker, Localization in Development Aid. How Global Institutions enter Local Lifeworlds, Routledge, 2016 ; Molly Sundberg, “National staff … Continue reading. 

Le passé impérial de l’humanitaire

On ne peut ignorer que l’humanitarisme s’est développé dans une époque dominée par le colonialisme et l’impérialisme[2]Michael Barnett, Empire of Humanity: A History of Humanitarianism, Cornell University Press, 2011.. Bien que souvent traités comme des synonymes, l’impérialisme et le colonialisme ont des significations différentes. La politologue Barbara Arneil affirme que si l’impérialisme vise à conquérir de nouveaux territoires et de nouveaux peuples, le colonialisme cherche à isoler ces peuples et à les préserver de leur propre culture[3]Barbara Arneil, “Colonialism versus Imperialism”, Political Theory, vol. 1, no. 31, 2023, pp. 1–31.. L’objectif de l’impérialisme est donc de conquérir des peuples ; celui du colonialisme est de les transformer.

« Les empires européens ont notamment utilisé des justifications humanitaires pour conquérir et imposer leurs régimes. »

De plus en plus de travaux de recherche remettent en question la vision de l’aide humanitaire en termes de théorie, de principes et de pratiques. Certains interrogent les racines et les structures du système humanitaire international, ainsi que la manière dont le pouvoir influence ou biaise les résultats de l’aide et produit des effets négatifs, d’exclusion, ou contre-productifs[4]Alan Lester and Fae Dussart, Colonization and the Origins of Humanitarian Government: Protecting Aborigines across the Nineteenth-Century British Empire, Cambridge University Press, 2014 ; … Continue reading. Il pourrait être commode d’imaginer l’aide humanitaire comme un antidote à l’empire – voire comme un baume moral pour traiter ses maux –, mais l’empire et l’aide humanitaire ont historiquement entretenu une relation symbiotique. Les empires européens ont notamment utilisé des justifications humanitaires pour conquérir et imposer leurs régimes. Par exemple, l’historien Padraic X. Scanlan a illustré comment, au xixe siècle, l’empire britannique s’était servi des campagnes humanitaires contre l’esclavage pour conquérir de nouvelles terres en Afrique de l’Ouest[5]Padraic X Scanlan, Freedom’s Debtors: British Antislavery in Sierra Leone in the Age of Revolution, Yale University Press, 2017.. La faim et l’insécurité alimentaire ont également été utilisées pour justifier l’expansion des empires, tandis que le traitement de l’insécurité alimentaire a servi à dissimuler les crimes de l’expansion et de la conquête impériales[6]Janam Mukherjee, Hungry Bengal: War, Famine and the End of Empire, Oxford University Press, 2015..

Le colonialisme est allé plus loin et a cherché à transformer les peuples conquis pour des raisons liées à leur salut. Les empires français, espagnol et portugais se sont donné pour mission civilisatrice de s’étendre en Afrique, en Asie et dans les Amériques, prétextant qu’ils le faisaient uniquement pour sauver les peuples indigènes qui s’y trouvaient. « Par la conquête, sous-tendait l’argument impérial, nous venons vous sauver et vous apprendre à vous débarrasser de vos cultures, de vos religions et de vos identités rétrogrades. » Le parallèle est aisé entre ces objectifs et ceux de l’humanitarisme, qui s’est toujours appuyé sur les récits du sauveur blanc pour justifier une approche paternaliste de l’aide humanitaire dans laquelle les experts des capitales occidentales expliquent aux populations locales des zones de crise comment elles peuvent être sauvées[7]Michael N. Barnett, Paternalism beyond…, op. cit..

Une façon claire de montrer que des relations impériales et coloniales se poursuivent aujourd’hui encore consiste à examiner l’origine et la destination de l’aide. Il n’est pas surprenant que les organisations françaises soient plus actives en Afrique francophone, ou les organisations belges en République démocratique du Congo, ou toute autre ancienne puissance impériale européenne dans son ancienne « arrière-cour » coloniale. La majorité des organisations humanitaires – telles que le Comité international de la Croix-Rouge/la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Save the Children, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde et toutes les agences des Nations unies – ont leur siège dans des pays occidentaux, loin des pays du Sud. Oxfam fait figure d’exception : en 2017, l’organisation a transféré son siège d’un ancien pays impérial – le Royaume-Uni – pour l’installer à Nairobi, au Kenya. Dylan Matthews a signalé que le maintien des bureaux des sièges européens est « l’une des manifestations les plus visibles et les plus enracinées du racisme structurel » dans le secteur humanitaire[8]Dylan Matthews, Are country offices preventing us from decolonising development?, Bond (UK network for organisations working in international development), 2021, … Continue reading. Parmi les autres héritages qui perdurent, citons les différences de pouvoir entre les sièges occidentaux et les acteurs sur le terrain dans les pays du Sud ; entre le personnel dit « national » qui travaille dans son pays d’origine et le personnel international, mobile dans le monde entier et qui perçoit généralement un salaire beaucoup plus élevé[9]Olga Shevchenko and Renée C. Fox, “‘Nationals’ and ‘expatriates’: Challenges of fulfilling ‘sans frontières’ (‘without borders’) ideals in international humanitarian action.” … Continue reading. Bien que de nombreuses organisations prétendent vouloir les réduire, ces inégalités persistent pour des raisons complexes – mais aussi pour de simples raisons économiques liées au coût de la vie dans les pays occidentaux[10]Tobias Denskus, “The salary gap between expat and local aid workers – it’s complicated”, The Guardian, 19 April 2017, … Continue reading.

La centralisation du pouvoir et de la prise de décision dans les pays occidentaux blancs est l’un des héritages les plus évidents, mais il y en a bien d’autres. Des représentations racistes et opportunistes de victimes des crises continuent d’être utilisées pour collecter des fonds et pour justifier l’entreprise humanitaire, privant les bénéficiaires supposés de leur autonomie, de leur humanité et de leur dignité au prétexte de les sauver[11]Heide Fehrenbach and Davide Rodogno, Humanitarian Photography. A History, Cambridge University Press, 2015.. La centralisation du pouvoir en Europe, dans des mains occidentales disproportionnellement blanches, combinée à la vision péjorative des populations du Sud en tant que bénéficiaires racisés de l’aide, ne sont que quelques-uns des héritages du passé impérial de l’humanitarisme.

 L’avenir décolonisé de l’humanitaire

Lorsque la plupart des gens pensent à l’héritage impérial, ils ont tendance à imaginer l’omniprésence d’individus ou de pratiques racistes. Toutefois, à trop mettre l’accent sur les attitudes racistes et les individus problématiques, on risque d’oublier les structures racistes et les systèmes problématiques qui peuvent persister, même lorsque les individus ne le souhaiteraient pas.

L’attention s’est récemment tournée vers le racisme dans le secteur humanitaire, et on s’interroge notamment sur la façon dont il a été intégré dans les structures du système international de l’aide[12]Pour des exemples, voir : Decolonise MSF, Open Letter to Senior Management and Colleagues in MSF: Beyond Words to Anti-Racist Action (2020), 2020, … Continue reading. En réponse, des groupes d’humanitaires, d’universitaires et d’activistes en appellent à une approche décolonisée de l’étude et de la pratique de l’humanitaire. Une telle approche impliquerait d’interroger les hypothèses et les principes qui sous-tendent les objectifs humanitaires, mais aussi la manière dont ils sont mis en pratique. Dans leur définition la plus simple, les approches décolonisées impliquent de déconstruire les attitudes et les structures coloniales et d’adopter des approches antiracistes face aux problèmes contemporains[13]Eve Tuck and K.Wayne Yang, “Decolonization is not a metaphor”, Decolonization: Indigeneity, Education and Society, vol. 1, no. 1, 2012, pp. 1–40 ; Julietta Singh, Unthinking Mastery. … Continue reading. Cependant, il existe également des interprétations plus profondes. Certaines approches décolonisées vont au-delà de la simple prise en compte des héritages historiques du passé colonial et impérial, et impliquent de prendre des mesures actives pour valoriser d’autres formes de connaissances et d’expériences – en particulier celles des groupes marginalisés. Elles impliquent également une analyse critique des personnes à qui l’on accorde un espace de parole, et des sujets abordés. Même cet article reflète des inégalités historiques, puisqu’il est rédigé du point de vue d’un homme occidental hétérosexuel, travaillant dans une institution de recherche occidentale. Comme l’explique Tammam Aloudat, la question de savoir qui s’exprime et qui décide du processus de décolonisation est réelle et complexe[14]Tammam Aloudat, Who gets to decolonise humanitarianism?, Centre for humanitarian action, 2021, https://www.chaberlin.org/en/blog/who-gets-to-decolonise-humanitarianism-2.

« Les approches décolonisées, appliquées à l’action humanitaire en général, ont poussé à s’éloigner de l’eurocentrisme, de l’apolitisme et à renforcer le lien entre humanitaire et justice sociale. »

Les approches décolonisées, appliquées à l’action humanitaire en général, ont poussé à s’éloigner de l’eurocentrisme, de l’apolitisme et à renforcer le lien entre humanitaire et justice sociale[15]Tammam Aloudat and Themrise Khan, “Decolonising humanitarianism or…”, art. cit.. Heba Aly a pointé la nécessité de soutenir les organisations et les intermédiaires locaux, ainsi que l’objectif conscient de modifier les récits et les langages[16]Heba Aly, “Ten efforts to decolonise aid. Changing practices around funding, leadership, narrative and identity”, The New Humanitarian, 12 August 2022, … Continue reading. Lucy Morris et Andres Gomez de la Torre ont souligné la nécessité d’une réflexion honnête, d’un dialogue difficile et d’un engagement à tout remettre en cause, depuis les structures de direction jusqu’aux programmes, en passant par la manière dont nous utilisons le langage et les images[17]Lucy Morris and Andres Gomez de la Torre, “How to decolonise International Development: some practical suggestions”, Oxfam, 18 December 2020, … Continue reading.

Il est toutefois important de reconnaître que le programme de décolonisation n’est pas une panacée pour tous les maux de l’humanitaire, et l’idée que seule une approche décolonisée permettrait de relever les défis auxquels les humanitaires sont confrontés ne fait pas consensus. Un processus de remise en question des structures implique une remise en question du pouvoir – qui réagira nécessairement. Si certains peuvent être opposés à l’approche décolonisée en général, on constate plus fréquemment une appréhension à l’égard des changements réels qui sont apportés et la manière dont ils sont mis en œuvre. Alors que les objectifs généraux de l’approche décolonisée sont certainement louables, leur mise en œuvre implique inévitablement des débats, des discussions et parfois même des contestations.

Par exemple, bien qu’il soit à saluer qu’Oxfam ait transféré son siège à Nairobi, certains ont soulevé la question du transfert des sièges hors des États démocratiques occidentaux, faisant remarquer qu’en ayant des sièges dans des États non démocratiques ou dans des États en crise, les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires sont plus susceptibles de subir des pressions de la part de ces États. D’autres ont souligné les coûts élevés et les défis logistiques de tels déménagements, tout en soulignant que séparer les organisations de leurs sources historiques de financement pourrait avoir des coûts à très long terme[18]Pour une discussion plus complète sur la délocalisation des sièges des ONGI, voir Sebastien Forsch, “Moving to the Global South: an anaysis of the relocation of internationa NGO secretariats”, … Continue reading.

D’autres aspects de l’approche décolonisée de l’aide font l’objet de débats plus vastes, notamment l’objectif principal qui consiste à s’assurer que le pouvoir et les ressources sont placés entre les mains des populations locales, par le biais de la localisation. Bien que de nombreuses personnes soutiennent le processus de localisation, sa mise en œuvre se heurte à des difficultés bien réelles[19]Catalina Russu, “The advantages and disadvantages of localization in the humanitarian sector. Experts’Opinions”, Development Aid, 15 November 2021, … Continue reading. Dans de nombreux contextes, les organisations locales n’ont pas la formation ni le professionnalisme des organisations internationales. Ainsi, les organisations locales en Ukraine sont plus susceptibles d’être professionnalisées que celles du Tchad. Certains remettent en question les objectifs de la localisation en général, préférant que l’aide humanitaire reste dans le domaine de l’international en tant qu’acte de solidarité apolitique. Dans des contextes violents, les ONG locales peuvent ne pas souhaiter être neutres ; exiger d’elles qu’elles le soient peut les exposer à un risque accru vis-à-vis des belligérants locaux[20]William Plowright, “Ukraine: aid workers were forced out of Syria – the same thing could happen in this war”, The Conversation, … Continue reading.

Bien que le titre de cet article évoque un avenir décolonisé, le processus de décolonisation est en grande partie une activité du présent. Même si les débats sur les prescriptions politiques liées au racisme et aux inégalités historiques se poursuivent, sans une compréhension sincère du passé et du présent, et sans une volonté de changement dans l’avenir, ces injustices historiques persisteront. 

 

Traduit de l’anglais par Benjamin Richardier

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References

References
1 Voir Judith von Heusinger, Kerstin Zimmer and Thorsten Bonacker, Localization in Development Aid. How Global Institutions enter Local Lifeworlds, Routledge, 2016 ; Molly Sundberg, “National staff in public foreign aid: Aid localization in practice”, Human Organization, vol. 78, no. 3, 2019, pp. 253–263 ; Raymond Apthorpe and John Borton, “Disaster-affected populations and ‘localization’: what role for anthropology following the World Humanitarian Summit?”, Public Anthropologist, vol. 1, no. 2, 2019, pp. 133–155 ; Simone Lucatello and Oscar A Gómez, “Understanding humanitarian localization in Latin America – as local as possible: but how necessary?”, Journal of International Humanitarian Action, vol. 7, no. 1, 2022 ; William Plowright, Armed Groups and International Legitimacy: Child Soldiers in Intra-State Conflict, Routledge, 2021.
2 Michael Barnett, Empire of Humanity: A History of Humanitarianism, Cornell University Press, 2011.
3 Barbara Arneil, “Colonialism versus Imperialism”, Political Theory, vol. 1, no. 31, 2023, pp. 1–31.
4 Alan Lester and Fae Dussart, Colonization and the Origins of Humanitarian Government: Protecting Aborigines across the Nineteenth-Century British Empire, Cambridge University Press, 2014 ; Michael N. Barnett, Paternalism beyond Borders, Cambridge University Press, 2016 ; Meera Sabaratnam, Decolonizing Intervention: International Statebuilding in Mozambique, Rowman & Littleford, 2017 ; Mark Duffield, Post-Humanitarianism: Governing Precarity in the Digital World, Polity Press, 2019 ; Polly Pallister-Wilkins, “Saving the souls of white folk: Humanitarianism as white supremacy”, Security Dialogue, vol. 52, no. 1, 2021, pp. 98–106.
5 Padraic X Scanlan, Freedom’s Debtors: British Antislavery in Sierra Leone in the Age of Revolution, Yale University Press, 2017.
6 Janam Mukherjee, Hungry Bengal: War, Famine and the End of Empire, Oxford University Press, 2015.
7 Michael N. Barnett, Paternalism beyond…, op. cit.
8 Dylan Matthews, Are country offices preventing us from decolonising development?, Bond (UK network for organisations working in international development), 2021, https://www.bond.org.uk/news/2021/05/are-country-offices-preventing-us-from-decolonising-development
9 Olga Shevchenko and Renée C. Fox, “‘Nationals’ and ‘expatriates’: Challenges of fulfilling ‘sans frontières’ (‘without borders’) ideals in international humanitarian action.” Health and Human Rights Journal, vol. 10, no. 1, 2008, pp. 109–122, https://www.hhrjournal.org/2013/09/nationals-and-expatriates-challenges-of-fulfilling-sans-frontieres-without-borders-ideals-in-international-humanitarian-actio
10 Tobias Denskus, “The salary gap between expat and local aid workers – it’s complicated”, The Guardian, 19 April 2017, https://www.theguardian.com/global-development-professionals-network/2017/apr/19/the-salary-gap-between-expat-and-local-aid-workers-its-complicated
11 Heide Fehrenbach and Davide Rodogno, Humanitarian Photography. A History, Cambridge University Press, 2015.
12 Pour des exemples, voir : Decolonise MSF, Open Letter to Senior Management and Colleagues in MSF: Beyond Words to Anti-Racist Action (2020), 2020, https://docs.google.com/forms/d/16TF7CTAP3S8BoV4MUOrZxYcIUk_-qT_MUYxSQKhThDU/viewform?edit_requested=true ; Tammam Aloudat and Themrise Khan, “Decolonising humanitarianism or humanitarian aid?”, PLOS Global Public Health, vol. 2, no. 4, 2022 ; Polly Pallister-Wilkins, Hanno Bankamp, Elisa Pascucci et al., “Humanitarian Futures”, in Katharyne Mitchell and Polly Pallister-Wilkins (eds) The Routledge International Handbook of Critical Philanthropy and Humanitarianism, Routledge, 2023, pp. 292–304 ; Erica Johnson Edwards, “Philanthropy in France and colonial Haiti: Bienfaisance, Paternalism and Race” in Katharyne Mitchell and Polly Pallister-Wilkins (eds) The Routledge International Handbook…, art. cit., pp. 281–291.
13 Eve Tuck and K.Wayne Yang, “Decolonization is not a metaphor”, Decolonization: Indigeneity, Education and Society, vol. 1, no. 1, 2012, pp. 1–40 ; Julietta Singh, Unthinking Mastery. Dehumanism and Decolonial Entanglements, Duke University Press, 2018.
14 Tammam Aloudat, Who gets to decolonise humanitarianism?, Centre for humanitarian action, 2021, https://www.chaberlin.org/en/blog/who-gets-to-decolonise-humanitarianism-2
15 Tammam Aloudat and Themrise Khan, “Decolonising humanitarianism or…”, art. cit.
16 Heba Aly, “Ten efforts to decolonise aid. Changing practices around funding, leadership, narrative and identity”, The New Humanitarian, 12 August 2022, https://www.thenewhumanitarian.org/feature/2022/08/12/10-efforts-to-decolonise-aid
17 Lucy Morris and Andres Gomez de la Torre, “How to decolonise International Development: some practical suggestions”, Oxfam, 18 December 2020, https://frompoverty.oxfam.org.uk/how-to-decolonise-international-development-some-practical-suggestions
18 Pour une discussion plus complète sur la délocalisation des sièges des ONGI, voir Sebastien Forsch, “Moving to the Global South: an anaysis of the relocation of internationa NGO secretariats”, St. Anthony’s International Review, vol. 13, no. 2, 2018, pp. 159–186. Pour une discussion sur l’obstruction de l’aide humanitaire, voir William Plowright, “Obstruction”, in Katharyne Mitchell and Polly Pallister-Wilkins, Humanitarianism, The Routledge International Handbook…, op. cit., pp. 259–270.
19 Catalina Russu, “The advantages and disadvantages of localization in the humanitarian sector. Experts’Opinions”, Development Aid, 15 November 2021, https://www.developmentaid.org/news-stream/post/120994/localization-in-the-humanitarian-sector
20 William Plowright, “Ukraine: aid workers were forced out of Syria – the same thing could happen in this war”, The Conversation, 23 March 2022,
https://theconversation.com/ukraine-aid-workers-were-forced-out-of-syria-the-same-thing-could-happen-in-this-war-179781 ; Ed Schenkenberg, Emergency Gap Series 03: the challenges of localised humanitarian aid, Médecins Sans Frontières, November 2016, https://reliefweb.int/report/world/emergency-gap-series-03-challenges-localised-humanitarian-aid