Dans un contexte marqué par la pérennisation des déplacements forcés, l’essoufflement du modèle humanitaire fondé sur les camps et la baisse des financements internationaux, le Tchad a privilégié la villagisation comme une alternative d’accueil des réfugiés centrafricains. Cette approche vise à favoriser l’intégration sociale et économique des réfugiés tout en réduisant leur dépendance à l’aide internationale.
Les déplacements forcés ont marqué l’histoire de l’Afrique, notamment sa région des Grands Lacs. Plus récemment, ils ont inspiré d’autres expériences en Afrique centrale. Ainsi, durant les années 2000, le Burundi a mis en place une politique de retour pour ses réfugiés sur le modèle des Villages Ruraux Intégrés afin de combiner hébergement, cohésion sociale et relance agricole[1]Yolanda Weima, « Les limites liées au genre du programme de villagisation des rapatriés au Burundi », Revue Migrations Forcées, n° 52, mai 2016, p. 61-62, https://www.fmreview.org/solutions-fr. Cette approche rejoignait une idée plus ancienne promue par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés : l’installation sur place, c’est-à-dire le fait de permettre aux réfugiés de s’ancrer durablement dans leur zone d’accueil grâce à des terres et à des activités agricoles[2]Véronique Lassailly-Jacob, « Des réfugiés mozambicains sur les terres des Zambiens. Le cas du site agricole d’Ukwimi, 1987-1994 », in Luc Cambrézy et Véronique Lassailly-Jacob (dir.), … Continue reading. Ces expériences montrent qu’accueillir ne consiste pas seulement à offrir un toit, mais aussi à assurer un accès sûr à la terre ainsi que des moyens de subsistance.
Depuis 2017, le Tchad expérimente une nouvelle manière d’accueillir les réfugiés centrafricains : la villagisation. Contrairement aux camps traditionnels – souvent isolés et coûteux –, cette approche repose sur une idée simple : installer directement les réfugiés dans les villages d’accueil, ou transformer progressivement les camps existants en villages ordinaires. L’objectif est de faciliter leur intégration dans la société tchadienne et d’éviter la multiplication de structures parallèles qui entretiennent la dépendance. Cette orientation s’inscrit dans un contexte particulier : le modèle classique d’aide humanitaire est en crise, les financements internationaux diminuent, la présence des organisations non gouvernementales (ONG) suscite de plus en plus de critiques, et les camps, malgré leur rôle initial de protection, montrent leurs limites[3]Largement décrites par Michel Agier : lire notamment Gérer les indésirables. Des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire, Éditions Flammarion, 2008, … Continue reading. Isolés des zones de production et des marchés, ils freinent l’autonomie économique des réfugiés et renforcent leur marginalisation. Au Tchad, ce constat est d’autant plus pressant que le pays accueille depuis des années un afflux massif de réfugiés centrafricains, tandis que les dispositifs classiques d’assistance s’essoufflent.
La villagisation n’est pas une idée nouvelle. Elle s’inscrit dans une histoire plus large de politiques de regroupement de populations menées ailleurs en Afrique, souvent pour des motifs de développement ou de contrôle politique. C’est le cas du programme Ujamaa qui, en 1973 en Tanzanie, a permis d’installer cinq millions de paysans dans environ 8000 villages[4]Véronique Lassailly-Jacob, « Migrants malgré eux – Une proposition de typologie », in Véronique Lassailly-Jacob, Jean-Yves Marchal et André Quesnel (dir.), Déplacés et réfugiés. La … Continue reading. C’est dans la même perspective que le Burundi, déjà cité, mais aussi le Rwanda – avec sa politique de relogement dans des villages, menée en 1996[5]Global IDP Project, Ensuring durable solutions for Rwanda’s displaced people: a chapter closed too early, Norwegian Refugee Council, 8 July 2005, … Continue reading – ont expérimenté leur modèle de villagisation, basé sur les réformes foncières et la modernisation agricole[6]André Guichaoua, « Mobilité forcée dans la région des Grands Lacs », in Véronique Lassailly-Jacob, Jean-Yves Marchal et André Quesnel (dir.), Déplacés et réfugiés…, op. cit., p. 303-340..
La villagisation s’est souvent révélée être un instrument de contrôle et de planification étatique, davantage qu’un simple projet de développement rural. Elle n’est donc pas univoque puisqu’elle a souvent conduit à des déplacements forcés et à une sédentarisation imposée. L’expérience tchadienne s’en démarque : conçue comme une réponse à la crise de l’aide humanitaire, elle vise l’intégration des réfugiés. Elle apparaît alors comme une alternative. Elle n’est pas seulement une solution d’installation, mais un modèle de cohabitation. Cette proximité favorise les liens sociaux et ouvre la voie à une intégration durable. Cependant, cette politique soulève par ailleurs des défis. Dans un pays où l’agriculture est la principale source de subsistance, l’arrivée de réfugiés peut accroître la pression sur les terres et les ressources naturelles. La réussite de la villagisation dépend donc de la capacité à organiser un partage équitable et à investir dans le développement local. C’est dans ce cadre que certains projets pilotes, à l’instar de la transformation des camps d’Amboko et de Gondjé en villages, montrent qu’il est possible de bâtir un avenir commun en misant sur la solidarité et le développement rural.
La villagisation : définition et mise en contexte comme alternative aux camps
« L’idée est simple : faire en sorte que les réfugiés deviennent des habitants à part entière plutôt que de les maintenir dans des espaces séparés. »
La villagisation est une stratégie qui vise à accueillir les réfugiés non plus dans des camps isolés, mais directement au sein des communautés locales. Concrètement, elle consiste soit à installer les nouveaux arrivants dans des villages d’accueil, soit à transformer progressivement certains camps en véritables villages. L’idée est simple : faire en sorte que les réfugiés deviennent des habitants à part entière plutôt que de les maintenir dans des espaces séparés. Contrairement au modèle classique des camps, la villagisation favorise une intégration plus profonde. Dans un camp, les réfugiés vivent dans un espace fermé, souvent éloigné des villes et villages, avec leurs propres services et marchés. Cela facilite l’organisation de l’aide humanitaire, mais renforce la séparation avec la société environnante. En revanche, l’installation dans les villages permet aux réfugiés de partager la vie quotidienne des communautés hôtes. Ils vont à la même école que les enfants du village, fréquentent les mêmes centres de santé et participent aux mêmes activités économiques. C’est par exemple le cas au sud du Tchad qui, entre 2017 et 2022, a accueilli 70 % de réfugiés centrafricains supplémentaires, dont 64 % se sont installés directement dans les villages.
L’accès aux terres et aux moyens de subsistance constitue une autre différence majeure. Dans les camps, les possibilités de cultiver, d’élever du bétail ou de commercer sont limitées par l’isolement et par l’espace restreint disponible. À l’inverse, dans un village, les réfugiés peuvent plus facilement accéder à des terres agricoles, s’intégrer dans les circuits commerciaux locaux et trouver des moyens de développer leurs propres activités. Dans le sud du Tchad, où l’agriculture reste l’activité principale, cette ouverture offre de réelles perspectives d’autonomie. La villagisation a également un impact sur les relations sociales. Les camps, en concentrant une aide humanitaire importante dans un espace séparé, peuvent parfois susciter de la jalousie ou des tensions avec les populations locales. En favorisant la cohabitation et les échanges, l’installation en village encourage davantage de solidarité et de liens sociaux entre réfugiés et habitants. Encore une fois, cette approche n’est pas exempte de difficultés. Sans une gestion équitable et concertée, des tensions peuvent apparaître. La réussite de la villagisation dépend donc de la capacité à organiser un partage équilibré des ressources pour que chaque communauté – réfugiés comme populations locales – y trouve un bénéfice.
La villagisation comme réponse à la crise d’aide humanitaire internationale
La villagisation transforme la manière dont les réfugiés vivent leur quotidien et envisagent leur avenir. En s’installant dans des villages, beaucoup accèdent à un champ, à un petit espace de culture, ou développent une activité économique locale. Ce changement paraît simple, mais il est décisif : cultiver ses propres aliments ou vendre une partie de sa production libère peu à peu de la dépendance aux distributions humanitaires. La logique de survie cède la place à une logique de production, d’échanges et de projets à plus long terme. Selon une femme réfugiée rencontrée : « Quand j’ai reçu une petite parcelle, j’ai planté du manioc. Aujourd’hui, je nourris ma famille et je vends le surplus au marché. Ce n’est pas encore facile, mais au moins je ne dépends plus uniquement des rations. »
L’un des points forts de la villagisation est sa capacité à s’appuyer sur les ressources déjà présentes dans les territoires. Là où l’intervention des ONG est parfois critiquée ou limitée, ce sont les autorités traditionnelles, les chefs de village et les familles hôtes qui deviennent les premiers acteurs de l’accueil. Le partage des terres, qu’il soit organisé par location ou par attribution gratuite, en est un bon exemple. Ces solutions, souvent nées du terrain, s’avèrent plus durables, car elles reposent sur la coopération et la négociation locales, plutôt que sur une aide extérieure perçue comme imposée. C’est le constat que nous laisse entendre un cultivateur membre d’une communauté hôte : « Nous avons donné une partie de nos champs aux réfugiés. Au début, certains n’étaient pas d’accord, mais quand on a vu que les récoltes alimentaient aussi le marché du village, beaucoup ont compris que tout le monde y gagnait. »
Le contexte humanitaire actuel est marqué par des financements en baisse et par une méfiance grandissante vis-à-vis des ONG internationales. Dans ce climat, la villagisation prend une signification particulière : elle offre un modèle où réfugiés et communautés locales renforcent ensemble leur résilience. Les infrastructures construites dans les villages, telles que les écoles, les centres de santé, les points d’eau, etc., ne profitent pas seulement aux nouveaux arrivants mais également à l’ensemble des habitants. Ce type d’investissement consolide les territoires et les rend moins vulnérables aux fluctuations de l’aide internationale, en donnant plus de place aux initiatives locales. De ce fait, les propos du chef de village de Békan sont illustratifs : « Les réfugiés ont apporté de la main-d’oeuvre, mais aussi des idées. Grâce à eux et au soutien des autorités, nous avons maintenant un centre de santé qui soigne tout le monde. »
La villagisation n’est pas une solution miracle ; elle ouvre néanmoins une voie prometteuse. C’est un modèle qui mérite d’être consolidé, adapté aux réalités locales et pensé comme une réponse durable aux crises prolongées.
Les expériences de la villagisation des réfugiés au sud du Tchad
Depuis 2017, la politique de villagisation a transformé l’accueil des réfugiés centrafricains au sud du Tchad. Cette approche a concerné la majorité des nouveaux arrivants, alors que le modèle des camps est de moins en moins privilégié.
L’installation directe dans les villages a été expérimentée à partir de 2017 dans un contexte de flux massifs de nouveaux arrivants. Ils sont installés dans les villages situés dans les provinces de Mandoul (Maisso, Gon, Dembo, Bekourou, Bedegue, etc.) et du Logone oriental (Békan, Dom, Mbitoye, Begone, Mballa, Kaga-Roangar, Daha 1 et 2, etc.). Cette approche vise une intégration rapide : les réfugiés partagent la vie quotidienne, ils ont accès à la terre, aux écoles et aux services locaux. Plus les arrivées se multiplient, plus cette intégration « sur place » devient la solution privilégiée. Toutefois, l’intégration reste lente : les réfugiés rencontrent des difficultés d’accès à la terre, ce qui freine leur autonomie agricole et limite leurs perspectives économiques.
Pour les réfugiés déjà établis depuis longtemps, une autre stratégie consiste à transformer les camps en villages à part entière. Les camps d’Amboko et de Gondjé servent de modèles. L’objectif est d’éviter une administration parallèle, de permettre un accès légal aux terres agricoles et d’encourager l’autonomie économique. Cette transformation des camps en villages illustre davantage le potentiel et les défis de la villagisation. À Amboko, l’expérience a permis de valoriser l’agriculture grâce à l’accès élargi aux terres, offrant aux réfugiés de meilleures conditions pour cultiver. Cependant, cette réussite agricole est tempérée par des tensions foncières persistantes entre réfugiés et populations locales, liées à la compétition pour les ressources. À Gondjé, l’intégration prend une dimension plus économique. Grâce à la proximité des marchés locaux, les réfugiés participent activement aux échanges commerciaux. Cette dynamique favorise leur inclusion dans le tissu économique régional et réduit leur dépendance à l’aide humanitaire.
En résumé, les expériences de la villagisation au sud du Tchad montrent une diversité de trajectoires. Si certaines localités, à l’image de Gondjé, réussissent à transformer la présence des réfugiés en opportunité économique, d’autres, telle Békan, restent confrontées aux difficultés d’accès aux ressources. Ces contrastes soulignent que la villagisation ne peut réussir que si elle s’accompagne à la fois d’une gestion équitable des terres et d’investissements dans le développement local.
La villagisation : un modèle d’accueil favorable à tous
La villagisation ne transforme pas seulement la vie des réfugiés, elle redessine aussi celle des communautés qui les accueillent. Dans de nombreux villages, l’arrivée de nouveaux habitants s’est accompagnée d’investissements concrets : distribution de semences, fourniture de matériel agricole, soutien aux petits commerces et construction d’infrastructures sociales. Cette politique, financée par l’Union européenne (UE) et la Banque mondiale, a renforcé ces transformations locales. L’UE intervient à travers le Programme de développement inclusif dans les zones d’accueil (DIZA), d’un montant de 21,5 millions d’euros, tandis que la Banque mondiale soutient le Projet d’appui aux réfugiés et aux communautés d’accueil (PARCA), estimé à 60 millions de dollars. Le PARCA a permis la construction de cinq écoles dans le sud du Tchad, la formation de 40 enseignants et inspecteurs, ainsi que la mise en place d’un programme de transferts monétaires destiné à 10 000 ménages vulnérables répartis dans trois camps de réfugiés (Amboko, Gondjé, Dosseye) et 180 villages environnants. Chaque ménage reçoit 45 000 francs CFA [environ 69 euros, NDLR] par trimestre pendant deux ans, pour un total de 3,6 milliards de francs CFA [environ 5,49 millions d’euros]. Côté santé, la création de centres, le renforcement du personnel et la diversification des services ont élargi la couverture sanitaire pour l’ensemble des habitants.
L’accès à la terre reste au cœur de la villagisation. Près de trois quarts des réfugiés disposent d’une parcelle agricole, mais les disparités sont fortes selon les sites : certains bénéficient d’un véritable ancrage productif tandis qu’ailleurs, les tensions foncières compliquent l’installation. Ce mode d’accueil offre aux réfugiés des possibilités agricoles bien plus larges que la vie en camp. En moyenne, un réfugié installé dans un village dispose d’environ deux hectares cultivables, contre un hectare lorsqu’il vit en camp. Au-delà de la surface, la qualité des sols attribués dans les villages est généralement meilleure, ce qui favorise une production agricole plus durable. Ce changement se traduit dans le quotidien de nombreux ménages, comme dans le cas de ce réfugié installé dans un camp transformé en village : « Quand on m’a donné un petit champ, j’ai pu planter du maïs. Maintenant, je nourris ma famille sans attendre la distribution. »
« La relation avec les communautés hôtes est faite à la fois de coopération et de frictions. »
La relation avec les communautés hôtes est faite à la fois de coopération et de frictions. Dans certains villages comme Békan, réfugiés et autochtones cultivent ensemble et alimentent les marchés locaux, renforçant l’économie rurale. Mais ailleurs, la rareté des terres crée un sentiment d’injustice et alimente des tensions. Dans ce contexte, les autorités traditionnelles et locales jouent un rôle clé dans la gestion foncière et la régulation des relations sociales. Au Tchad, ces autorités (chefs de canton, chefs de village et comités locaux) sont souvent les premiers médiateurs en cas de tensions liées à l’accès à la terre, à l’eau ou aux pâturages. Lorsqu’un litige éclate, notamment autour de la propriété foncière ou de violences intercommunautaires, elles travaillent en coordination avec les représentants de l’administration (sous-préfets, préfets) et parfois avec les forces de sécurité. Dans certains cas, les tribunaux coutumiers ou les comités mixtes de concertation regroupant autorités traditionnelles, représentants de réfugiés, ONG et services étatiques sont saisis pour trancher les différends. Un chef de village témoigne : « Il y a des moments où les habitants disent que les réfugiés prennent trop de terres, mais quand on voit les marchés mieux fournis, on comprend aussi que c’est bénéfique. »
Les difficultés existent donc, mais la villagisation favorise incontestablement une dynamique de résilience partagée. Les réfugiés apportent une main-d’œuvre, des savoir-faire et une nouvelle énergie économique ; les hôtes bénéficient en retour d’infrastructures (écoles, centres de santé, points d’eau) et de nouveaux débouchés commerciaux. Par conséquent, cette approche contribue à diminuer la dépendance à l’aide internationale, une exigence qui s’est renforcée ces derniers mois.
En donnant plus de place aux solidarités communautaires et à la gouvernance locale, la villagisation ouvre une voie d’autonomisation progressive. Elle permet non seulement aux réfugiés de mieux s’ancrer dans leurs territoires d’accueil, mais également aux communautés locales de renforcer leur propre capacité de résistance face aux crises. Ce constat est partagé par une membre d’une association locale de femmes : « Ce n’est plus seulement eux et nous. On affronte les difficultés ensemble, et ça change la manière dont on se perçoit. »
Un modèle d’intégration et de résilience à partager et à adapter
L’expérience de la villagisation au sud du Tchad montre qu’il est possible de dépasser le modèle classique des camps pour bâtir une intégration plus durable des réfugiés. La réussite de cette approche repose sur un ancrage local : les chefs traditionnels, les familles hôtes et les associations communautaires jouent un rôle central dans le partage des terres, la médiation des conflits et l’organisation de la vie collective
Cependant, cette expérience ne constitue pas une solution universelle. Elle doit être comprise avant tout comme une source d’inspiration pour d’autres contextes confrontés à des déplacements prolongés. Toute tentative de reproduction doit tenir compte des réalités foncières, culturelles, institutionnelles et économiques propres à chaque pays ou région. Pour les praticiens et décideurs, plusieurs recommandations se dégagent :
- Faciliter l’accès à la terre : dès la conception des projets, prévoir des mécanismes clairs de mise à disposition de terres agricoles (don, location, mise en commun) en veillant autant à la qualité des sols qu’à la surface disponible ;
- Renforcer la médiation foncière : intégrer en continu les autorités traditionnelles, les comités villageois et les services administratifs afin de prévenir ou apaiser les tensions liées à la propriété ou à l’usage des terres. Cette médiation doit être considérée comme un investissement structurant ;
- Inclure systématiquement les communautés hôtes : associer les habitants à toutes les étapes (planification, construction des infrastructures, gouvernance locale) pour garantir une perception d’équité. Les écoles, centres de santé et points d’eau doivent répondre simultanément aux besoins des réfugiés et des autochtones ;
- Soutenir l’économie locale : appuyer les activités génératrices de revenus, stimuler les marchés ruraux et encourager les coopérations agricoles entre réfugiés et hôtes pour favoriser le transfert de savoir-faire.
En définitive, la villagisation ne doit pas être appréhendée uniquement comme un mode d’installation, mais plutôt comme un véritable projet territorial. Sa réussite exige un engagement collectif (acteurs humanitaires, autorités locales, organisations communautaires) et une adaptation fine aux dynamiques sociales et environnementales propres à chaque contexte.
Crédit photo : CICR/Ronald Kradjeyo
