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Les organisations humanitaires face au (sous-) financement des crises camerounaises

Alex Pueugue Simo
Alex Pueugue SimoAxel Pueugue Simo est doctorant en développement international à l’université d’Ottawa (Canada) où il intervient également comme chargé de cours à temps partiel à l’École de développement international et mondialisation. Sa thèse de doctorat porte sur les reconfigurations de l’action humanitaire et la mise en œuvre des approches du Triple Nexus humanitaire-développement-paix, et de localisation de l’aide en contextes camerounais.

Face à la suspension de l’aide américaine, les organisations humanitaires au Cameroun connaissent une double peine : une crise de financement immédiate qui s’inscrit dans une tendance déjà lourde et ancienne au sous-financement des trois crises prolongées dans le pays. Pour s’adapter, elles mobilisent les stratégies du Triple Nexus et de la localisation, avec des résultats contrastés.


Avec l’annonce de la suspension de l’aide américaine, la communauté des acteurs humanitaires a souligné le besoin urgent de se mobiliser collectivement. Il s’agit, d’une part, d’écrire un nouveau narratif qui valorise la solidarité au détriment du repli identitaire ou de la recherche systé­matique d’un retour sur investissement financier et, d’autre part, de bâtir un nou­veau modèle opérationnel qui permette de dépasser les obstacles systémiques rencontrés pour réformer le secteur de l’aide[1]Véronique de Geoffroy et Laurent Saillard, « Au-delà du gel des financements américains : une profonde et durable remise en cause de l’Aide Publique au Développement et de la solidarité … Continue reading. Mais comment cette reconfigu­ration souhaitée du secteur humani­taire s’opère-t-elle en pratique dans des contextes nationaux ? Cette contribution capitalise les résultats d’une enquête de terrain menée récemment au Cameroun sur les reconfigurations en cours dans le secteur humanitaire. Elle mobilise des données primaires tirées d’entretiens réalisés au niveau national et de la participation à différents mécanismes de coordination humanitaire, notamment la Task Force nationale Nexus humani­taire-développement-paix, le groupe de travail sur la localisation, et celui sur la réponse aux réfugiés[2]L’étude s’appuie également sur l’exploitation de la base de données du Financial Tracking Service (FTS), une plateforme publique gérée par le Bureau de la coordination des affaires … Continue reading. Sur cette base, cet article explique comment la suspension de l’aide américaine s’inscrit dans une tendance lourde au sous-financement de l’action humanitaire au Cameroun, tendance à laquelle les organisations humanitaires ont tenté depuis plusieurs années de s’adapter, à travers la mise en oeuvre de l’agenda de la localisation de l’aide et le renforcement de la collabora­tion avec les acteurs du développement.

Les effets de la suspension de l’aide américaine au Cameroun

Le Cameroun est traversé par trois crises humanitaires prolongées : la crise « anglophone » dure depuis 2016 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO) ; l’insurrection isla­miste de Boko Haram dure depuis 2009 dans le bassin du lac Tchad auquel est intégrée la région de l’Extrême-Nord du Cameroun ; et les cycles de violence en République centrafricaine génèrent des flux de réfugiés sur la façade est du pays depuis le début des années 2000. Le financement de la réponse à ces crises a généralement été le fait d’une poignée de donateurs, principalement occidentaux. Le tableau ci-dessous montre par exemple qu’au cours de ces cinq dernières années, la réponse humanitaire au Cameroun est fortement dépendante des contributions américaines qui comptaient pour près de la moitié des fonds alloués jusqu’en 2025 où elles ont chuté à moins de 8 %. L’Union européenne est désormais le principal pourvoyeur d’aide humanitaire alors que le volume de ses contributions n’a pas considérablement augmenté. Les contributions sont certes basses, mais elles évoluent aussi de manière plus variable pour les bailleurs bilatéraux, y compris la France, l’Angleterre et l’Allemagne – qui partagent tous une histoire coloniale avec le Cameroun. Si les fonds multilatéraux onusiens comme le Fonds central pour les interventions d’urgence (Central Emergency Response Fund – CERF en anglais) participent également, il faut noter que certaines contributions de la Banque mondiale sont comptabilisées au titre du financement de la réponse humanitaire même si, en réalité, ces fonds sont en général destinés au développement des services publics dans les zones d’accueil des réfugiés.

Tableau – Évolution des fonds alloués et du pourcentage de dix contributeurs au financement de la réponse humanitaire au Cameroun entre 2020 et 2025

Source : OCHA, Financial Tracking Service,
https://fts.unocha.org

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« La suspension de l’aide américaine devrait entraîner non seulement l’arrêt de près de 50 % des interventions prévues, mais également la réduction du personnel humanitaire et la suspension de certaines activités de coordination. »

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), la suspension de l’aide améri­caine devrait entraîner non seulement l’arrêt de près de 50 % des interventions prévues, mais également la réduction du personnel humanitaire et la suspension de certaines activités de coordination[3]OCHA, Yaoundé : point sur la suspension de l’aide par les États-Unis, réunion de la Task Force Nationale, 27 mars 2025.. Au niveau de la gouvernance humanitaire mondiale, des mesures d’urgence ont été prises pour s’adapter aux effets de la décision américaine. Le 10 mars 2025, Tom Fletcher, le Coordonnateur des secours d’urgence qui préside le Comité permanent interagence du système des Nations unies a, dans une lettre, invité les leaders humanitaires au niveau des pays à procéder à une restructuration du secteur afin de faire face à ce qui est présenté comme une « profonde crise de légitimité, morale et de financement »[4]OCHA, The humanitarian reset (10 March 2025), Message from Emergency Relief Coordinator Tom Fletcher to the humanitarian community, 10 March 2025, … Continue reading. Au Cameroun, il s’ensuit une repriorisation de la stratégie dans le cadre du Plan de réponse humanitaire (PRH) de 2025 ainsi qu’une revue de l’architecture en termes de coordination humanitaire. Cependant, la nouvelle priorisation pilotée par OCHA a surtout obéi à un exercice technique consistant dans le calcul de la sévérité intersectorielle des besoins, sur la base de deux critères séquentiels, à savoir : l’identification des zones de crise atteignant un score de gravité de niveau 4 (soit le niveau extrême), et la révision des priorités sectorielles d’intervention. Il découle de cet exercice un glis­sement stratégique d’une approche axée sur les « besoins » vers une approche centrée sur les « cibles prioritaires », avec comme conséquence la création de nouveaux exclus parmi les cibles de l’assistance : au lieu des 2,1 millions de personnes ciblées par le PRH initial de l’année 2025, seulement 1,3 million de personnes sont retenues dans sa ver­sion révisée[5]OCHA, Cameroon : At a glance I Prioritized 2025 HRP, 7 May 2025, https://www.unocha.org/publications/report/cameroon/cameroon-glance-prioritized-2025-hrp. La priorisation entraîne la suspension des programmes de rési­lience et d’autonomisation qui ciblaient pourtant 597 000 personnes touchées par la crise en 2025[6]OCHA, Cameroon Humanitarian Response Plan, Février 2025..

La tendance lourde au sous-financement des crises camerounaises

Remise en contexte, la suspension de l’aide américaine ne reflète pas en soi un phénomène de rupture, mais plutôt une tendance lourde au sous-financement des crises camerounaises. Certes, l’attention internationale portée aux événements en République centrafricaine et aux attaques du groupe Boko Haram à l’Extrême-Nord a suscité une forte hausse des finan­cements humanitaires entre 2014 et 2016[7]Claire Lefort-Rieu, Un art bien incertain : gouverner les migrations forcées en contextes camerounais, Thèse de doctorat, Université Paris Cité, 2024, p. 151-152., alors que le Cameroun n’était pas traditionnellement considéré comme un pays bénéficiaire de l’aide humanitaire[8]Marie-Thérèse Mengue et Virginie Troit (dir.), Transition humanitaire au Cameroun, Éditions Karthala, 2023.. Cependant, les fonds alloués durant les années suivantes ont rarement permis d’atteindre le taux moyen de couverture des besoins humanitaires[9]OCHA, Financial Tracking Service, Cameroon Humanitarian Response Plan 2025, Trends in coordinated plan requirements, https://fts.unocha.org/plans/1266/summary.

Symbole du faible financement des crises camerounaises, le Cameroun est pré­senté en 2025 par le Norwegian Refugee Council comme le contexte humanitaire le plus oublié au monde, devant des pays comme l’Éthiopie, le Mozambique, le Burkina Faso, le Mali et la République démocratique du Congo[10] Tina Abu-Hanna, Jessica Wanless, Hélène Michou et al., The world’s most neglected displacement crises 2024. It is time for action, Norwegian Refugee Council, 3 June 2025, … Continue reading. Ce classement conforte le discours dominant des orga­nisations d’aide au Cameroun sur le « sous-financement chronique » de l’ac­tion humanitaire, notamment en raison des inégalités s’agissant de la couverture diplomatico-médiatique et du finance­ment de l’aide internationale :

« Toutes les agences des Nations unies ici, au Cameroun, connaissent une diminution des fonds. Parce que le Cameroun est invisible sur la scène mondiale en matière humanitaire, c’est-à-dire quand on dit Cameroun, ce qui vient en tête c’est le football, la cuisine, la culture, la danse. Mais, quand on dit le Yémen, le Tchad, le Niger, là on pense crise humanitaire. Parce que le Cameroun, c’est un pays considéré stable, et cette réputation suit toujours le Cameroun malgré qu’il y ait des besoins humanitaires. »[11]Entretien avec un fonctionnaire des Nations unies, Yaoundé, le 7 février 2024.

Toutefois, la visibilité réduite des crises camerounaises n’est pas tant le résultat d’un désintérêt global des acteurs inter­nationaux que d’une volonté politique, partagée aussi bien par les bailleurs que par les autorités elles-mêmes :

« Les premiers octroient des financements à un État qu’ils estiment stratégique, mais dans des volumes limités en raison des détournements dont ces derniers pourraient faire l’objet ; tandis que les secondes se satisfont d’un volume réduit de financements et d’interventions internationales, afin d’éviter que celles-ci ne prennent trop d’ampleur et ne deviennent le noyau d’un éventuel contre-pouvoir ou d’une contestation. »[12]Claire Lefort-Rieu, Un art bien incertain…, op. cit., p. 225.

Les organisations humanitaires travaillent depuis plusieurs années à s’adapter à cette configuration. Elles ont ainsi saisi les opportunités offertes par le premier Sommet humanitaire mondial pour engager une réforme du secteur de l’aide au Cameroun.

Stratégies d’adaptation des organisations d’aide

L’une des solutions phares proposées au Sommet d’Istanbul de 2016 était de renforcer la collaboration entre les acteurs humanitaires et du développement. Ce New Way of Working – plus connu sous la formule de Nexus humanitaire-développement-paix (ou Triple Nexus) – reflète cette tentative de mobiliser les acteurs et les financements issus du secteur du développement dans la réponse humanitaire. Dans le cadre de cet engagement, un groupe de travail national sur la mise en œuvre du Triple Nexus a été établi en 2019 au Cameroun. Cependant, sa structure de gouvernance adossée à celle de l’Équipe humanitaire pays (EHP) révèle une forte présence des acteurs humanitaires qui contraste avec la faible participation des acteurs du développement et des bailleurs de fonds. Avant la décision américaine, l’absence de ces acteurs dans ce mécanisme représentait déjà un défi. Les organisations non gouver­nementales (ONG) humanitaires esti­maient que la faible coordination avec les grands bailleurs comme l’Agence américaine pour le développement international (United States Agency for International Development – USAID en anglais) et l’Union européenne pour­rait entraîner des coupes budgétaires importantes sur les fonds alloués à la réponse humanitaire au Cameroun, étant donné l’attention internationale davan­tage centrée sur les conflits en Ukraine, en Palestine, et ailleurs dans le monde, mais aussi le discours du gouvernement camerounais insistant sur la stabilité de la situation pour minimiser la gravité des crises qui l’affectent.

« Face à cette situation, le plaidoyer des organismes d’aide humanitaire s’est orienté vers la mobilisation des acteurs du développement dans la réponse humanitaire. »

Face à cette situation, le plaidoyer des organismes d’aide humanitaire s’est orienté vers la mobilisation des acteurs du développement dans la réponse humanitaire. Le cas du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) illustre cette orientation. Grâce à son plaidoyer auprès des autorités camerounaises et de la Banque mondiale, le Cameroun a été sélectionné comme pays pilote pour tester une nouvelle approche de collaboration entre la Banque mondiale et le système des Nations unies dans les situations de crise. En 2018, le pays est ainsi devenu le premier à bénéficier d’une subvention de 130 millions de dollars du sous-compte régional de l’Association internationale de développement 18 (International Development Association 18 – IDA-18 en anglais) pour les réfugiés et les communautés d’accueil. Ce financement est octroyé au gouvernement sous la condi­tionnalité qu’il satisfasse aux critères relatifs à la reconnaissance, au soutien et à la protection des réfugiés[13]Sarah Dalrymple, Sarah Hanssen, Isabelle de Lichtervelde et al., Supporting longer term development in crises at the nexus: Lessons from Cameroon, Development Initiatives, November 2020, … Continue reading. En particu­lier, IDA-18 finançait quatre projets dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des filets sociaux et des infrastructures sociales, à partir d’une approche intégrée ciblant les populations déplacées et leurs hôtes. Dans la pratique, la mise en oeuvre de ces projets a été émail­lée de problèmes de gouvernance au sein des structures étatiques, comme l’illustre l’exemple du projet santé :

« Quant au projet de santé, il n’a pas pu être implémenté, le ministère de la santé n’a pas accepté les clauses de l’opérationnalisation de ce projet, il voulait intégrer une association n’ayant même pas un an d’existence qui, soi-disant, oeuvrait pour la santé dans le grand nord. »[14]Entretien avec un fonctionnaire du gouvernement, Yaoundé le 1er février 2024.

Une logique pragmatique semble dominer l’action du HCR dans le cadre de la nouvelle façon de travailler avec la Banque mondiale au Cameroun. Cette dernière ne finançant pas les agences humanitaires mais les gouvernements, le HCR a donc mis l’accent sur l’appropriation de l’action humanitaire par le gouvernement. Or, si cette stratégie peut paraître nécessaire pour attirer les fonds issus du secteur du développement, elle comporte également des risques. Claire Lefort-Rieu a ainsi mon­tré comment les projets financés par IDA-18 ont fait l’objet d’une instrumen­talisation politique par le gouvernement camerounais qui s’appuie sur sa capacité à contrôler les acteurs et à mobiliser les res­sources de l’aide au service de son agenda politique[15]Claire Lefort-Rieu, « Aide internationale, production de services publics et souveraineté étatique : l’exemple des réfugiés centrafricains dans l’Est-Cameroun », Politique africaine, vol. … Continue reading. Les ONG humanitaires expri­ment des inquiétudes face à la volonté du gouvernement camerounais de gérer tous les fonds issus de l’approche Nexus et des solutions durables, car l’accent sur l’appropriation par le régime de Paul Biya – au pouvoir depuis 1982 – pourrait, en première analyse, réduire l’efficacité de la réponse humanitaire en s’empêtrant dans les problèmes de gouvernance nationale. Elle pourrait également nuire à l’indépendance et à la neutralité des acteurs humanitaires, notamment devant une situation dans le NOSO où le gouvernement est une des parties au conflit.

Autre pilier de la réforme humanitaire, l’agenda de la localisation est appliqué au Cameroun dans un contexte de reconfiguration des acteurs qui composent l’espace humanitaire national. Créé en 2019, le forum des ONG internationales au Cameroun (Coordination of Humanitarian International NGOs in Cameroon – CHINGO en anglais) a pour objectif de faciliter la coordination et la coopération entre les ONG internationales (ONGI), d’une part, et entre ces dernières et les autres acteurs de la réponse humanitaire, d’autre part. Un an plus tôt, on observait une dynamique similaire entre les ONG nationales et locales (ONGN/L) avec la création, en 2018, de la plateforme de dialogue et de concertation des ONG au Cameroun, l’Initiative des organisations humani­taires camerounaises (Cameroonian Humanitarian Organizations Initiative – CHOI en anglais), composée alors d’en­viron 200 ONGN/L[16]Entretien de Philip Wade avec Damien Noma, « Les ONG camerounaises et la coordination de l’aide au défi de la “localisation” », in Marie-Thérèse Mengue et Virginie Troit (dir.), Transition … Continue reading. Alors que l’EHP – la principale instance nationale où se négo­cient les résultats de l’aide – était jadis constituée uniquement des agences onusiennes, des donateurs humanitaires et d’ONGI, l’intégration de CHOI en 2018 a amélioré la représentativité au sein de cette instance. La représentativité nationale a été renforcée en 2024 avec l’élection de trois nouvelles ONGN/L dans l’EHP : ALDEPA (Action locale pour un développement participatif et autogéré) qui couvre la région de l’Extrême-Nord ; LUKMEF (Martin Luther King Jr. Memorial Foundation) pour le NOSO ; et Help the Children pour l’Est.

Les changements enregistrés dans l’EHP contribuent, certes, à corriger les déséquilibres de pouvoir au sein des structures de l’aide humanitaire, mais cela ne se fait pas dans une logique transformatrice puisque certaines contraintes structurelles persistent. L’accès des organisations locales au financement dans le cadre de la mise en œuvre du PRH reste limité par les procédures exigeantes des bailleurs de fonds. Par exemple, alors que depuis la suspension de l’aide américaine, le Service de l’aide humanitaire et de la protection civile (European Commission’s Humanitarian Aid Office – ECHO en anglais) est désormais le principal pourvoyeur d’aide humanitaire en 2025, celui-ci est réputé financer uniquement les ONGI. De plus, le renforcement des capacités locales continue d’être dépendant de la stratégie d’intervention des partenaires internationaux, qui misent davantage sur la maîtrise de leur procédure de gestion au détriment du renforcement organisationnel et de l’autonomisation progressive des organisations locales[17]Boukar Khari, État des lieux de la mise en oeuvre de la localisation de l’aide humanitaire au Cameroun, OCHA, novembre 2021.. Au-delà des simples stratégies d’adaptation promues, le secteur de la solidarité internationale au Cameroun requiert des transformations profondes impliquant une révision des relations de dépendance à l’égard d’une poignée de donateurs occidentaux. Alors que la diversification des sources de financement devient presque un enjeu de survie organisationnelle, ce redéploiement stratégique reste pour le moment peu exploré au Cameroun. L’attention récente de certains organismes d’aide s’est notamment portée sur l’accès aux financements du Fonds Nexus allemand auquel le Cameroun, aux côtés du Tchad, est éligible au premier lot de finance­ment initial de 5,5 millions USD[18]Compte rendu de la réunion de la Task Force Nationale Nexus du 24 juillet 2025, … Continue reading. Or il incombe aux acteurs nationaux et inter­nationaux de la réponse humanitaire au Cameroun de développer une stratégie nationale de collecte de fonds intégrant le secteur privé, la diaspora et d’autres sources alternatives, car cela semble être le moyen pratique de réduire la dépendance et de créer un fonds de financement plus durable.

 

Crédit photo : © Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

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References

References
1 Véronique de Geoffroy et Laurent Saillard, « Au-delà du gel des financements américains : une profonde et durable remise en cause de l’Aide Publique au Développement et de la solidarité internationale », Alternatives humanitaires, 2 avril 2025, https://www.alternatives-humanitaires.org/fr/2025/04/02/au-dela-du-gel-des-financements-americains-une-profonde-et-durable-remise-en-cause-de-laide-publique-au-developpement-et-de-la-solidarite-internationale
2 L’étude s’appuie également sur l’exploitation de la base de données du Financial Tracking Service (FTS), une plateforme publique gérée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (BCAH/OCHA), et qui retrace les chiffres sur le financement de l’aide humanitaire.
3 OCHA, Yaoundé : point sur la suspension de l’aide par les États-Unis, réunion de la Task Force Nationale, 27 mars 2025.
4 OCHA, The humanitarian reset (10 March 2025), Message from Emergency Relief Coordinator Tom Fletcher to the humanitarian community, 10 March 2025, https://www.unocha.org/news/humanitarian-reset-10-march-2025
5 OCHA, Cameroon : At a glance I Prioritized 2025 HRP, 7 May 2025, https://www.unocha.org/publications/report/cameroon/cameroon-glance-prioritized-2025-hrp
6 OCHA, Cameroon Humanitarian Response Plan, Février 2025.
7 Claire Lefort-Rieu, Un art bien incertain : gouverner les migrations forcées en contextes camerounais, Thèse de doctorat, Université Paris Cité, 2024, p. 151-152.
8 Marie-Thérèse Mengue et Virginie Troit (dir.), Transition humanitaire au Cameroun, Éditions Karthala, 2023.
9 OCHA, Financial Tracking Service, Cameroon Humanitarian Response Plan 2025, Trends in coordinated plan requirements, https://fts.unocha.org/plans/1266/summary
10  Tina Abu-Hanna, Jessica Wanless, Hélène Michou et al., The world’s most neglected displacement crises 2024. It is time for action, Norwegian Refugee Council, 3 June 2025, https://www.nrc.no/feature/2025/the-worlds-most-neglected-displacement-crises-in-2024
11 Entretien avec un fonctionnaire des Nations unies, Yaoundé, le 7 février 2024.
12 Claire Lefort-Rieu, Un art bien incertain…, op. cit., p. 225.
13 Sarah Dalrymple, Sarah Hanssen, Isabelle de Lichtervelde et al., Supporting longer term development in crises at the nexus: Lessons from Cameroon, Development Initiatives, November 2020, https://www.nrc.no/globalassets/pdf/reports/development-actors-and-the-nexus/supporting_longer_term_development_in_crises_at_the_nexus_lessons_from_cameroon.pdf
14 Entretien avec un fonctionnaire du gouvernement, Yaoundé le 1er février 2024.
15 Claire Lefort-Rieu, « Aide internationale, production de services publics et souveraineté étatique : l’exemple des réfugiés centrafricains dans l’Est-Cameroun », Politique africaine, vol. 2, n° 158, 2020, p. 205-222.
16 Entretien de Philip Wade avec Damien Noma, « Les ONG camerounaises et la coordination de l’aide au défi de la “localisation” », in Marie-Thérèse Mengue et Virginie Troit (dir.), Transition humanitaire au Cameroun, op. cit., p. 83-87.
17 Boukar Khari, État des lieux de la mise en oeuvre de la localisation de l’aide humanitaire au Cameroun, OCHA, novembre 2021.
18 Compte rendu de la réunion de la Task Force Nationale Nexus du 24 juillet 2025, https://response.reliefweb.int/fr/cameroon/humanitarian-development-peace-hdp-nexus-cameroon/hdp-nexus-national-task-force

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